Un enfant laissé pour orphelin. Quelques mois seulement après la mort de Jacques Charrier, décédé le 3 septembre dernier à l’âge de 88 ans, Nicolas Charrier voit sa mère Brigitte Bardot s’en aller à son tour. Au départ distendue et complexe, leur relation parvient à s’apaiser avec le temps, notamment grâce à l’intervention de Bernard d’Ormale. Ce dernier, qui n’est autre que le mari de Brigitte Bardot depuis 1992, joue des coudes pour que mère et fils se rapprochent. «J’ai proposé à Brigitte d’aller voir son fils et puis voilà, ça s’est bien passé», raconte-t-il, à Paris Match, en septembre dernier. «Ils ne se voient pas beaucoup, mais il est souvent venu à la Madrague. Et ils s’appellent régulièrement . Tenez, encore avant-hier !», précise-t-il. C’était pourtant loin d’être gagné au départ…
À la fin des années 50, celle qui a déjà subi plusieurs avortements n’a toujours pas pour projet de devenir mère, encore moins avec son compagnon de l’époque Jacques Charrier. «Elle pourrait être heureuse. C’est tout l’inverse. L’amour, c’est la sauvagerie libre. Elle ne veut pas de cet enfant. Pas prête. Pas l’envie. Pas avec cet homme, Charrier, qui devient de plus en plus possessif, qu’elle sait fragile, violent parfois», raconte Pascal Louvrier dans son livre Vérité BB (Éd. Le Passeur). Mais le destin va en décider autrement pour elle.
Brigitte Bardot et son rapport complexe à la maternité : «J’aurais préféré…»
Une fois enceinte, Brigitte Bardot n’a d’autre choix que de se marier, de rentrer dans le rang. C’est du moins ce que pense son père Louis. Face aux réticences qu’elle émet le jour de son union, il la rappelle à l’ordre : «Tu es enceinte, ne l’oublie pas. Tu dois épouser le père.» C’est donc ce qu’elle fait le 18 juin 1959, lors d’une cérémonie organisée en petit comité à Louveciennes (Yvelines), le fief de la famille Bardot. Si cette pression liée au mariage est éprouvante, sa grossesse l’est davantage. Dans son livre Initiales B.B, publié en 1996, la star se confie sans fard à ce sujet : «C’était comme une tumeur qui s’était nourrie de moi, que j’avais portée dans ma chair tuméfiée, n’attendant que le moment béni où l’on m’en débarrasserait enfin. Le cauchemar est arrivé à son paroxysme, il fallait que j’assume à vie l’objet de mon malheur.»
Le 11 janvier 1960, la comédienne accouche d’un garçon, prénommé Nicolas. Elle a 25 ans et ne se sent pas prête à affronter la maternité. «Lorsqu’on pose l’enfant sur son ventre, elle est tellement épuisée qu’elle le repousse», raconte Marie-Dominique Lelièvre dans Brigitte Bardot, plein la vue (Éd. Flammarion). Plus tard, elle aura des mots très durs concernant cet événement, en affirmant : «J’aurais préféré accoucher d’un petit chien.» Dans une interview avec la journaliste Caroline Pigozzi de Paris Match, relatée dans le livre Pourquoi eux (Éd. Plon), Brigitte Bardot laisse entendre que «ce n’était sûrement pas le moment d’avoir un enfant». Elle s’explique : «Je me suicidais toutes les trois minutes, ne faisais que des conneries, mais on ne choisit pas ; le timing était mauvais et tout le monde en a souffert.»
- CE MERCREDI DANS GALA – Brigitte Bardot, notre hommage à une légende

