Une nouvelle étude suggère que les aliments ultra-transformés pourraient être associés à un risque accru de cancer du poumon.
Le cancer du poumon est aujourd’hui la principale cause de décès liés au cancer dans le monde, représentant les taux de mortalité les plus élevés chez les hommes comme chez les femmes, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Chez ces dernières, ce cancer serait également en augmentation depuis plusieurs années, comme l’indique le Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard. S’il est largement causé par le tabac, d’autres facteurs de risque sont à considérer. Parmi eux : l’alimentation.
Selon une étude parue en juillet 2025 dans la revue scientifique Thorax, les personnes qui consomment le plus d’aliments ultra-transformés présentent un risque plus élevé de développer un cancer du poumon. Contrairement aux aliments simplement cuisinés ou transformés (comme le pain ou le fromage), les ultra-transformés contiennent souvent des substances fabriquées industriellement avec peu ou pas d’ingrédients bruts. Ils sont pensés pour être savoureux, bon marché, longue conservation… mais pas forcément bons pour la santé. Parmi leurs nombreux effets néfastes sur la santé physique et mentale, ces aliments pourraient aussi impacter les poumons.
Pourquoi ce type d’alimentation pourrait contribuer au risque de cancer du poumon
Les chercheurs ont suivi plus de 100 000 adultes américains pendant 12 ans. Leur alimentation a été évaluée via un questionnaire, puis classée selon le degré de transformation des aliments. Ceux qui consommaient le plus d’ultra-transformés avaient 41 % de risque en plus de développer un cancer du poumon, par rapport à ceux qui en consommaient le moins. Ce lien était observé aussi bien chez les fumeurs que chez les non-fumeurs, et concernait autant les cancers dits “non à petites cellules” (les plus courants) que les formes plus agressives à petites cellules.
Pourquoi ces aliments pourraient-ils poser problème ? Plusieurs hypothèses sont avancées. Leur composition nutritionnelle est souvent déséquilibrée (trop de sucre, sel, matières grasses, pas assez de fibres ou de vitamines), et les additifs ou procédés industriels utilisés pourraient favoriser une inflammation chronique, perturber la flore intestinale ou encore introduire des substances nocives via les emballages, comme l’indique le rapport de l’étude.
Attention : cette étude est dite “observationnelle”. Cela signifie qu’elle ne permet pas d’affirmer que ces aliments sont directement responsables du cancer, mais seulement qu’il existe un lien statistique entre leur consommation et la survenue de la maladie. D’autres facteurs peuvent entrer en jeu, et des recherches complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre cette association.
