Le 21 juillet 2025 restera gravé dans les annales comme le jour où le cœur institutionnel de la France a cessé de battre au rythme de l’Élysée. Dans un vote d’une ampleur cataclysmique, retransmis en direct et suivi par des millions de citoyens tétanisés, l’Assemblée nationale a jeté un pavé dans la mare, imposant des « sanctions explosives » contre le président Emmanuel Macron et son gouvernement. Accusé de gestion irresponsable, d’abus de pouvoir et, pire que tout, de mépris flagrant des droits sociaux, le chef de l’État se retrouve désormais au bord du précipice, menacé de vaciller sous le poids d’une révolte parlementaire sans précédent.
L’onde de choc n’est pas seulement politique ; elle est sociale, médiatique, et profondément émotionnelle. Entre des documents ayant fuité révélant un agenda caché, des accusations de trahison résonnant dans les travées de l’hémicycle et une colère populaire qui s’exprime par une grève générale et des émeutes, cette crise a toutes les caractéristiques d’un véritable ouragan. Mais comment la République en est-elle arrivée à ce point de non-retour ? Et quelles sont ces sanctions d’une sévérité inédite qui menacent de redessiner le paysage politique français pour les décennies à venir ? Pour comprendre, il faut remonter le fil d’une année de chaos, marquée par la paralysie et le sentiment d’abandon.
Le Volcan Prêt à Entrer en Éruption : Une Assemblée Fracturée et Ingoûvernable
L’histoire de ce séisme commence véritablement avec la décision « surprise » d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale le 9 juin 2024, au lendemain de la percée historique du Rassemblement national (RN) aux élections européennes. Ce coup de poker, censé clarifier le paysage politique, a eu l’effet inverse. Les élections législatives anticipées de juillet 2024 ont enfanté une assemblée fracturée et, surtout, ingouvernable. Avec Renaissance (le parti macroniste) réduit à une minorité chancelante de 150 sièges, face aux blocs solides du RN (130 sièges), de la NUPES (120 sièges) et des Républicains (80 sièges), le Parlement s’est retrouvé dans un état de paralysie chronique.
Incapable de voter un budget stable pour 2025, la France est entrée dans une valse de motions de censure. Le gouvernement de Gabriel Attal, puis celui de Michel Barnier, ont successivement chuté, victimes d’une coalition hétéroclite unissant l’extrême droite et l’extrême gauche, qualifiée par l’Élysée de « front anti-républicain ». Pour tenter d’apaiser les tensions et surtout rassurer des marchés financiers de plus en plus fébriles, Macron a nommé François Bayrou au poste de Premier ministre en décembre 2024. Mais l’espoir d’une trêve fut de courte durée.
