Tempête Emilia : après l’Espagne, le phénomène météo va toucher la France cette semaine

Après Davide et Bram, une nouvelle dépression vient d’entrer dans la saison des coups de vent européens : la tempête Emilia, baptisée par l’Aemet, le service météorologique espagnol, vendredi 12 décembre 2025 au soir. Elle a déjà fortement agité l’Atlantique et le sud-ouest de l’Europe, et sa trajectoire la rapproche désormais du bassin méditerranéen.

En Espagne, cette dépression appelée borrasca Emilia a déclenché de violentes rafales, une mer très forte et des pluies abondantes, notamment aux Canaries et en Andalousie. En France, le week-end reste calme, mais une zone bien plus instable va se mettre en place en début de semaine sur le sud-est : un épisode pluvieux dont l’intensité inquiète déjà les habitants du littoral méditerranéen.

Tempête Emilia : de l’Atlantique aux rivages méditerranéens

Les premiers effets marqués se sont produits sur les îles Canaries et le sud de l’Espagne, avec des vents approchant les 90 km/h, des vagues de 5 à 6 m sur certaines côtes atlantiques et plus de 100 l/m² de pluie en quelques heures sur des provinces comme Cadix ou Ceuta, selon l’Aemet. Neige en altitude, orages et fortes rafales ont entraîné des mises en alerte successives sur une quinzaine de provinces espagnoles.

Au fil du week-end, Emilia glisse vers le golfe de Cadix puis le bassin méditerranéen occidental. Sur le littoral de Valence, Murcie ou Almería, les services météo espagnols redoutent une nette réactivation des orages, alimentés par une Méditerranée encore douce. Ce même air chaud et chargé d’humidité va ensuite être entraîné vers la France, ce qui prépare le terrain à un épisode méditerranéen sur le sud-est.

Quels risques en France : pluies intenses du Languedoc à la Corse

Côté français, le week-end reste globalement stable, sous influence anticyclonique. Mais, “si le week-end reste dominé par un contexte anticyclonique, la situation évoluera nettement à partir de lundi sous l’effet de la dynamique d’altitude”, a indiqué le météorologue Yann Amice auprès d’Actu.fr. Il détaille : “On observe le glissement progressif de la dorsale anticyclonique actuellement positionnée sur l’Europe centrale (Hongrie, Roumanie) vers l’est, tandis qu’un thalweg atlantique s’enfonce progressivement par l’ouest de la France. Ce thalweg, relativement bien structuré, s’étend du proche Atlantique jusqu’au golfe de Gascogne entre lundi et mardi, favorisant une dégradation progressive du champ de géopotentiel sur l’ouest puis le sud du pays.” Résultat : une perturbation arrive par l’Atlantique, puis le temps se dégrade vers le sud et la Méditerranée, avec épisode méditerranéen possible.

“En surface, l’affaissement de l’anticyclone et son décalage vers l’Europe de l’Est laissent progressivement le champ libre à la mise en place d’une circulation dépressionnaire relative sur le bassin méditerranéen occidental”, poursuit Yann Amice. “Ce flux humide est renforcé par le positionnement du thalweg en altitude à l’ouest va crée une configuration classique de convergence et de soulèvement de la masse d’air sur le Sud-Est. Même si le minimum dépressionnaire de surface tend à glisser vers l’Algérie mardi, la Corse et la façade méditerranéenne française demeurent durablement exposées à ce flux de sud-est, maintenant une alimentation humide continue.” Sur les Cévennes, il pourrait tomber plus de 110 à 120 mm de pluie d’ici mercredi 17 décembre, avec un risque d’inondations, tandis que l’ensemble du littoral méditerranéen reste en ligne de mire.