Argenteuil : 20 ans de prison pour avoir abattu son meilleur ami, qui avait une relation avec sa sœur

Un homme qui inspirerait la peur

Avocat de la famille de la victime aux côtés de Me Caty Richard, Me Axel Calvet a rappelé leurs points communs. « C’étaient des charmeurs invétérés. Ils aimaient les piranhas, la musique. Ils partageaient du cannabis. Ils partageaient tout en fait », a-t-il décrit. Mais beaucoup de choses les opposent aussi.

« Aucune femme qui a été avec Thierry n’a dit avoir été maltraitée, a souligné Me Caty Richard. Toutes se sont senties câlinées par Thierry. » À l’inverse, Grégory C. semble inspirer la peur à plusieurs d’entre elles. Le matin même, la cour a prononcé une amende pour avoir refusé de venir témoigner à la barre à l’encontre de Sophie B. Une femme que Grégory C. présente comme son alibi le soir du meurtre (pour l’accusation la téléphonie remet en cause cette version).

Une autre de ses connaissances s’est toutefois présentée. « Sandra, elle ne l’a pas regardé une seule fois. Elle était terrorisée. Si Sophie n’est pas venue, c’est pour les mêmes raisons. »

Un sentiment de trahison

À sa sœur Jennifer, il inspirait aussi la crainte. « Malgré la trouille absolue qu’elle a de son frère, elle le met en cause », rappelle Me Caty Richard. Grégory C. assure que ce sont les enquêteurs qui l’ont informé de la relation qu’entretenaient Thierry et Jennifer. Cette dernière a pourtant relaté un échange avec son frère en septembre ou octobre. « Est-ce que tu as couché avec Thierry ? » lui demande-t-il « Je lui ai dit : oui. Il était furieux », a-t-elle raconté. « Il a dit qu’il buterait quiconque coucherait avec sa sœur », a rappelé l’avocate générale.

Aux enquêteurs, Grégory C. ne fait pas mystère de son sentiment de trahison vis-à-vis de Thierry. Une colère qu’il a encore évoquée devant un expert psychologue un mois avant le procès. « Il dit : Je lui aurais bien cassé les jambes. Il a cette honnêteté », souligne son avocat Jérôme Crépin, qui voit dans cette déclaration pleine de franchise, une preuve de l’innocence de son client.

Il rappelle aussi que ce dernier était en Thaïlande pendant une partie de l’enquête et qu’il a fait le choix de revenir. « C’était l’endroit rêvé. Il a un enfant sur place. Il aurait pu rester. Ce n’est pas un perdreau de l’année, en matière pénale », rappelle-t-il faisant référence au casier judiciaire de son client.