
Attaque de l’Iran contre Israël : «Des conséquences dramatiques pour l’économie mondiale» en cas d’embrasement ?
Une région stratégique pour le commerce international
L’Iran pourrait envisager une attaque contre l’Arabie saoudite, pays détenteur des plus grandes réserves de pétrole au monde. Ce pays, tout comme la Jordanie et l’Egypte, a pris position en faveur d’Israël à la suite de l’attaque iranienne. Les dirigeants iraniens pourraient aussi décider de bloquer l’accès au détroit d’Ormuz, une route stratégique pour le commerce international via lequel circule environ 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide (21 millions de barils par jour en 2022). Il s’agit de l’une des principales voies de navigation reliant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient aux marchés asiatiques, européens et nord-américains. Très étroit (50 kilomètres) et peu profond (60 mètres), il est situé entre l’Iran et Oman. Un blocage iranien pourrait alors entraîner «des problèmes d’approvisionnement au niveau mondial, l’augmentation du prix du baril de pétrole et une hausse de l’inflation», conjecture l’économiste qui anime également une chaîne Youtube.
Difficile de prévoir ce que feront les principales puissances économiques mondiales, comme«la Chine, les Etats-Unis ou encore la Russie», admet le spécialiste. Mais «l’inflation pourrait être suivie par une récession mondiale comme lors des chocs pétroliers de 1973 et 1979, voire comme lors de la crise économique de 2008. Quand le prix du baril de pétrole va trop loin, l’activité économique est cassée», analyse-t-il. «L’économie française est déjà mal en point avec une croissance proche de zéro ; il est certain qu’elle ne pourra pas supporter un nouveau coup de semonce au niveau mondial», précise Marc Touati.
L’Iran, hors des règles internationales
Malgré tout, la marge de manœuvre de l’Iran est assez faible, selon Marc Touati. Le pays «a montré qu’il se mettait hors jeu, en dehors des règles internationales» en attaquant base aérienne israélienne, en réponse au bombardement de l’ambassade iranienne à Damas, en Syrie, le 1er avril 2024. «Les pays arabes ont soutenu Israël», rappelle Marc Touati. D’autant plus que l’Iran connaît «une situation économique très difficile, avec une inflation et un chômage fort».
«C’est là que l’économie peut prendre le dessus sur la politique. En interne, les Iraniens, impactés économiquement, pourraient changer le cours des choses, et engendrer la fin du régime des Mollahs», avance l’économiste. Dans ce cas, les «conséquences pour l’économie mondiale seraient assez positives», ajoute Marc Touati. De leur côté, les chefs d’Etat et de gouvernement du G7 (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie et Japon), réunis lors d’une session dimanche 14 avril, ont affirmé être «prêts à prendre des mesures» contre l’Iran. «Nous exprimons notre solidarité et notre plein soutien à Israël et à son peuple, et nous réaffirmons notre engagement en faveur de sa sécurité», ont-ils déclaré.
