Le PS fait valider ses acquis
Le 49.3 devra être utilisé à trois reprises : dès mardi à l’Assemblée nationale sur le volet « recettes » du projet de loi de finances ; une deuxième fois sur les dépenses quelques jours plus tard ; puis une dernière pour valider l’ensemble du texte après son passage rapide au Sénat. Mais le 49.3 est pratique puisqu’il permet au gouvernement de choisir le texte qu’il souhaite, et valider ainsi les négociations avec les socialistes.
De quoi satisfaire les intéressés. « On préfère un 49.3 qui supprime le musée des horreurs que d’avoir le musée des horreurs par ordonnances. Cela permettra aussi de cranter les avancées sociales obtenues », nous disait en fin d’année Romain Eskenazi, porte-parole du groupe PS, élu du Val-d’Oise. Le PS a ainsi obtenu des avancées comme la hausse de la prime d’activité, les repas à 1 euro pour les étudiants, une hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fond vert, la création de 2.000 postes dans l’Éducation nationale.
Le bloc central évite l’instabilité
Du côté du bloc central, on est loin d’être enthousiaste. Mais on salue l’étape franchie par Lecornu (et le retour à de la stabilité). « Ce ne sera pas le budget qu’on espérait et tout n’est pas réjouissant dans le texte, mais ce n’est pas non plus un budget LR ou PS », balaie Erwan Balanant. Même constat à droite malgré la colère du patron Bruno Retailleau, qui déplore que le gouvernement reprenne « tous les ingrédients socialistes ». « Le texte actuel ne nous convient pas mais le pire des budgets, c’est pas de budget du tout. On est très loin de la copie idéale mais il est temps de passer à autre chose. De toute manière, le grand reset démocratique sera la présidentielle 2027 », confie Eric Pauget.
A chaque utilisation du 49.3, Sébstien Lecornu s’exposera à la censure. Un motif d’espoir pour le Rassemblement national et La France insoumise, qui rêvent de faire chuter le gouvernement. Ces deux formations ont annoncé lundi soir le dépôt de deux motions de censure.
