“Cela va révolutionner le diagnostic” : contre Alzheimer, ces avancées prometteuses présentées par un neurologue

Comment la maladie d’Alzheimer est-elle diagnostiquée ?

La question du diagnostic fiable et précoce d’Alzheimer est primordiale. S’il n’empêche pas la maladie, “il donne aux patients les moyens d’être acteurs de leur parcours et de préparer leur autonomie”, explique le spécialiste. Cela permet d’annoncer clairement aux patients de quoi ils souffrent, de mettre en place des prises en charge adaptées (l’orthophonie, la rééducation cognitive…). Les malades et leurs familles peuvent anticiper l’avenir, notamment en ce qui concerne l’arrêt de la conduite, un déménagement, ou encore l’organisation de la vie quotidienne.

Aujourd’hui, pour poser un diagnostic, il existe plusieurs outils fiables. On peut énumérer l’imagerie par résonance magnétique (IRM), ainsi que les biomarqueurs. Ces derniers sont dosés dans le liquide céphalo-rachidien par ponction lombaire. Il s’agit des protéines amyloïdes et tau qui sont des caractéristiques de la maladie. “C’est le fait d’associer ces biomarqueurs aux tests de mémoire qui permet un ‘diagnostic très sûr'”, précise le Dr Thibaud Lebouvier.

La piste des biomarqueurs sanguins pour affiner le diagnostic de la maladie d’Alzheimer

Comme l’explique le spécialiste, “la grande nouveauté, ce sont les biomarqueurs sanguins”. Il s’agit de prises de sang “presque aussi fiables que la ponction lombaire”. Il explique que “cela va révolutionner le diagnostic, en le rendant plus simple et moins invasif”. Il pourrait entrer dans le parcours de diagnostic de la maladie. Toutefois, il s’agit d’un outil de précision qui n’a pas pour objectif d’être utilisé à une large échelle.

“Ces marqueurs peuvent être positifs des années avant l’apparition des symptômes”, prévient le neurologue. “S’ils étaient utilisés trop largement, on risquerait de voir affluer dans les consultations mémoire des milliers de personnes inquiètes, mais qui ne développeront peut-être jamais la maladie”. Ces tests doivent donc être réservés aux patients présentant déjà des troubles de la mémoire “compatibles avec Alzheimer”.