CHARLOTTE D’ORNELLAS DÉTRUIT OMAR SY SUR SES PROPOS ANTI-FRANCE : UNE FRANCE QUI S’ÉVEILLE.

Le Déni des Réalités Urbaines et Culturelles

Le regard d’Omar Sy sur les banlieues, d’où il est issu, est également soumis à rude épreuve. Évoquant le vol et le braquage sur le tournage de sa série Lupin, il concède que la banlieue qu’il a connue “n’existe plus” et que “les codes qui étaient les miens ne sont plus les mêmes”. Il suggère d’ailleurs qu’il faudrait parler aux “gamins de 15 ans” pour comprendre la banlieue d’aujourd’hui.

D’Ornellas utilise cette auto-critique involontaire pour retourner l’argument : si l’acteur constate lui-même le changement et le déclin des banlieues (à partir d’un exemple négatif de délinquance), alors pourquoi accuse-t-il de haine ceux qui, depuis des années, posent exactement la même question sur l’inquiétante transformation de ces quartiers?

Cette inquiétude est d’ailleurs démontrée par un basculement politique majeur. Une étude Ifop de 2022 montre que les banlieues populaires ont marqué un net recul du soutien à la gauche, au profit d’une droite nationale et populiste. Les candidats de gauche ne réunissent plus que 36% des votes dans ces zones (contre 54% en 2012), tandis que la droite a accru sa part à 49%, avec une montée notable de figures comme Éric Zemmour et Marine Le Pen, qui captent désormais 35% des voix. La réalité sociologique et politique contredit donc directement la simplification binaire d’Omar Sy.

Enfin, la question de la culture populaire et de l’identité musicale française illustre ce fossé. Omar Sy regrette que le débat autour de la participation d’Aya Nakamura aux Jeux Olympiques puisse encore avoir lieu en France, saluant son “talent indiscutable”.

Cette assertion est brutalement réfutée par les faits. Un sondage Odoxa révèle que 73% des Français qui connaissent la chanteuse n’aiment pas ses chansons, et 60% d’entre eux affirment qu’elle ne représente pas la jeunesse française. Le talent d’Aya Nakamura est donc, par définition, très largement contestable. Le décalage est illustré par des entretiens de rue où les Français expriment leur incompréhension face à ce choix, suggérant que l’on aurait pu prendre quelqu’un d’autre comme Florent Pagny. En balayant ce débat d’un revers de main comme de la “haine,” l’acteur refuse la légitimité d’une critique populaire et culturelle.

L’Excuse du Racisme Omniprésent

Charlotte d'Ornellas remplacée sur CNews | Toutelatele

Le passage le plus révélateur de l’interview est peut-être le souvenir de l’adolescence tumultueuse d’Omar Sy. Il raconte une période où “aucune autorité ne pouvait s’imposer,” et où l’excuse toute trouvée était que “tout le monde était raciste, même le Coran”.

Ce récit expose une mécanique psychologique dangereuse : l’adolescent, en difficulté et en rébellion, externalisait la cause de ses problèmes. Il n’arrivait pas à s’en sortir, non pas à cause de ses propres actions ou de l’absence de maturité, mais parce que le monde entier – jusqu’aux textes sacrés – était raciste contre lui.

La question que pose D’Ornellas est alors cruciale : qu’est-ce qui a changé ? À quel moment Omar Sy, qui se croyait sans avenir dans un monde qu’il jugeait entièrement raciste, a-t-il pu connaître un succès si phénoménal et devenir l’acteur plébiscité que l’on connaît ? L’absence de réponse à cette transition – de l’excuse extérieure à la réussite personnelle – est perçue comme un maillon manquant, un discours qui pourrait pourtant être essentiel à des milliers de jeunes qui se trouvent aujourd’hui dans le même état d’esprit de victimisation.

En conclusion, l’analyse de Charlotte d’Ornellas dresse le portrait d’un Omar Sy déconnecté, dont le statut d’icône internationale lui a permis de s’affranchir des réalités et des lois françaises qu’il critique. Son discours, jugé optimiste mais simplificateur, repose sur une série d’incohérences qui vont de la polygamie paternelle à la géométrie variable de ses indignations. Loin d’être un citoyen du monde cohérent, il apparaît comme un juge sévère qui, du haut de son succès américain, ne semble plus comprendre, ni accepter, les interrogations légitimes de la nation qu’il prétend encore représenter. Il ne s’agit pas de haine, mais d’une profonde et nécessaire remise en question d’un double discours.