La Diabolisation de l’Opposition et le Refus de Débat

Le parti pris s’exprime également dans la « diabolisation de certains candidats ». L’analyse conteste l’usage systématique du terme « extrême droite » pour qualifier le Rassemblement National (RN), citant la définition du dictionnaire Larousse : l’extrême droite est caractérisée par l’idéologie contre-révolutionnaire, l’emploi de la violence et l’antiparlementarisme. La Marine Le Pen actuelle, parlementaire convaincue, condamnant les violences, ne correspond pas à cette définition stricte. Ironiquement, c’est La France Insoumise (LFI), avec des déclarations controversées sur la non-condamnation des violences (telles que « il va se passer ce qui doit se passer ») et son refus de reconnaître la légitimité des députés RN en leur serrant la main, qui se rapproche davantage de certains critères d’« extrémisme » selon la définition historique, tout en bénéficiant d’une bienveillance médiatique contrastée.
Cette diabolisation est par ailleurs renforcée par des mesures administratives. L’autorité de régulation, l’ARCOM, va jusqu’à interdire certains intervenants comme Jean Messia des plateaux et comptabiliser son temps de parole comme « divers droite », alors qu’il n’a pas revendiqué d’appartenance politique claire. Le service public, de son côté, assume de ne pas inviter certaines personnalités « en fonction de ce qu’elles pensent ». Un tel contrôle idéologique exercé sur l’espace public est une menace directe au libre débat.
Le Miroir de CNews : L’Opinion du Peuple Ignorée
La critique la plus fréquente contre la chaîne CNews est qu’elle « forge le récit », notamment en « insistant fortement sur les dangers de l’Immigration et de l’Insécurité » et en sélectionnant l’information en fonction de ses « propres valeurs ». Cette critique, souvent formulée par le monde médiatique uniforme, révèle en réalité l’isolement de ce dernier.
L’analyse rappelle que les sujets « mis en haut de la pile » par CNews, comme l’immigration et l’insécurité, sont des préoccupations partagées par une majorité écrasante des Français. Les sondages sont implacables :
80 % des Français ne souhaitent pas accueillir plus de migrants.
74 % souhaitent la suppression du droit du sol.
61 % souhaitent stopper le regroupement familial.
Si une chaîne est critiquée pour mettre en avant une hiérarchie de l’information qui reflète les angoisses et les convictions de 70 % à 80 % de la population, alors c’est l’ensemble du paysage médiatique qui est déconnecté du pays. La critique adressée à CNews n’est pas un reproche de subjectivité, mais un reproche de subjectivité différente. Le problème n’est pas que le récit soit forgé, mais qu’il soit différent de celui qui a été uniformément forgé par la presse installée jusqu’à présent.

En conclusion, la déclaration de Delphine Ernotte, loin d’être un simple faux pas, est l’aveu d’un système. Un service public, financé par tous, ne peut s’arroger le droit de sélectionner les opinions, de censurer les faits ou de diaboliser une partie de la représentation nationale au nom d’un idéal subjectif. Le devoir de neutralité et de pluralisme n’est pas une option pour les médias du service public, c’est une obligation démocratique qui doit primer sur toute ambition de « façonner » le pays. Les citoyens sont en droit d’exiger une radio qui représente la France telle qu’elle est, avec ses complexités et ses divisions, et non la France idéalisée et uniforme qu’une élite bien-pensante voudrait leur imposer. La bataille pour la neutralité du service public, financé par les impôts, est aujourd’hui plus cruciale que jamais.
