CHARLOTTE pulvérise un RAPPEUR sur ses PROPOS anti-FRANCE

Quand le Rap Vient Heurter la Paix Civile

La déflagration provoquée par le clip de Nick Conrad, et par cette interview, est révélatrice d’un problème plus vaste : l’absence de régulation et de responsabilité dans l’ère de la diffusion numérique. L’article de Charlotte a évoqué l’absence d’un organisme unique et obligatoire chargé de vérifier systématiquement les clips musicaux en France avant leur diffusion. Si les chaînes de télévision sont soumises à l’ARCOM (ex-CSA) et aux obligations de classification et d’horaires de diffusion, Internet, YouTube, Spotify et autres n’exigent aucun contrôle préalable.

C’est là que réside le danger majeur. Comme l’a conclu Charlotte, ceux qui écoutent le rappeur « ne prennent pas de distanciation, ils vous prennent au mot ». Le rôle de l’artiste est d’éveiller, de choquer, de faire réfléchir, mais quand le message est une incitation directe au meurtre et au racisme, la barrière de la liberté artistique est pulvérisée. Le rappeur peut bien demander d’écouter l’album entier pour saisir son « bourdonnement des colibris », l’extrait litigieux reste la seule chose que beaucoup retiendront.

Cette interview est plus qu’un clash, c’est un document accablant sur l’état de la société française, où la violence verbale est devenue un fonds de commerce, où les peines de justice semblent dérisoires face à la démesure des propos, et où un artiste utilise le miroir du trauma non pas pour la guérison, mais pour l’escalade de la haine. La « pulvérisation » du rappeur par Charlotte n’est pas une victoire, mais le signal que le débat sur l’identité, l’histoire et la place des communautés en France est loin d’être clos, et qu’il se déroule désormais dans un climat d’une toxicité sans précédent. Le silence, parfois, serait moins dangereux que ces paroles.