Un signal envoyé au reste du monde
L’impact de cet épisode dépasse largement les frontières de la Chine et de l’Europe. C’est tout le « Sud Global » — de l’Afrique à l’Amérique Latine — qui a observé cette scène avec une attention particulière. Le symbole est dévastateur pour l’image de marque de l’Europe. Voir une puissance non occidentale repousser avec un tel calme les exigences de Bruxelles, sans craindre de sanctions immédiates ou d’effondrement, change la donne mondiale.
Pendant que les politiciens étaient discrètement évacués dans leur minibus, les réalités économiques continuaient de dicter leur loi. Les contrats étaient signés, les projets industriels validés, montrant une fracture profonde entre une Europe politique arc-boutée sur ses valeurs et une Europe économique pragmatique, consciente que son avenir se joue désormais à l’Est.
La fin d’une illusion
Ce qui s’est effondré à Pékin, c’est l’illusion que l’autorité morale et les discours normatifs suffiraient éternellement à garantir le pouvoir. L’Europe ne conduit plus, elle est conduite. Elle n’est plus aux commandes, mais passagère d’un monde multipolaire qu’elle ne maîtrise plus.
L’histoire est implacable avec les puissances qui refusent de regarder la réalité en face. Le temps des leçons unilatérales est terminé. Pour l’Europe, ce réveil dans un minibus chinois est douloureux, mais il est peut-être le point de départ nécessaire d’une remise en question profonde sur sa place réelle dans le monde du XXIe siècle. La question n’est plus de savoir si le déclin est là, mais combien de temps les dirigeants européens mettront à remplacer l’arrogance par la lucidité stratégique.
