L’Ombre de la Justification de la Violence
L’incohérence politique de LFI ne s’arrête pas aux frontières nationales. Bourdin a rappelé la position de La France Insoumise sur l’attaque du Hamas contre Israël, qualifiée dans un communiqué comme une « offensive armée de forces palestiniennes » intervenant dans un « contexte d’intensification de la politique d’occupation israélienne ». Cette formulation, qui place l’attaque terroriste du Hamas non pas comme un acte injustifiable, mais comme une réponse à la colonisation, est perçue par beaucoup comme une justification, voire une légitimation de la violence.
Le parallèle est fatal : si LFI justifie la violence du Hamas comme une « réponse » légitime à une « occupation », pourquoi refuserait-elle de voir qu’un terroriste français peut interpréter leur dénonciation d’une « répression » ou d’une « islamophobie » française comme une « réponse » légitime à une « agression » ? Obono a beau affirmer qu’une critique des politiques ne justifie pas le terrorisme, le schéma idéologique est le même. Il consiste à substituer le jugement moral de l’acte par une explication politique et historique qui déplace la faute sur l’oppresseur désigné – qu’il soit l’État français ou l’État d’Israël.
La Tragédie de l’Inconséquence
Au-delà de l’affrontement médiatique, l’échange entre Danièle Obono et Jean-Jacques Bourdin est une illustration tragique de l’inconséquence. Il y a, d’un côté, une réalité factuelle : les actes terroristes sont souvent précédés et nourris par un discours de haine et de victimisation que les islamistes radicaux exploitent avec une efficacité redoutable. De l’autre côté, il y a une partie de la classe politique qui, par conviction idéologique ou par calcul électoral, refuse de rompre avec ce discours, quitte à se rendre complice, par son silence ou son évitement, du maintien sur le territoire de menaces avérées.
La France est un État démocratique où la critique gouvernementale est un devoir civique. Mais elle est aussi un État de droit où l’on doit défendre les principes républicains contre ceux qui les attaquent, y compris les professeurs de la République. En refusant de condamner clairement l’idée que le discours sur l’islamophobie puisse être une mèche allumée vers la violence, et en refusant de prendre position sur un fiasco sécuritaire dont son propre camp politique porte une part de responsabilité historique, Danièle Obono a choisi l’esquive. Mais à Arras comme à Conflans-Sainte-Honorine, le prix de ces échappatoires n’est pas payé par les politiciens, mais par la vie de ceux qui incarnent la République. Le silence et l’esquive n’ont jamais été des remparts contre le terrorisme ; ils en sont les complices involontaires. L’heure n’est plus au débat sémantique, mais à la responsabilité des mots et des actes.
