Un agriculteur de 59 ans a franchi une ligne dangereuse en fonçant sur des gens du voyage avec son tracteur, suscitant une intervention armée des gendarmes. Cet incident, survenu le 1er décembre 2024 à Monnaie, en Indre-et-Loire, met en lumière les tensions croissantes entre les agriculteurs et les communautés nomades en France. Alors que les agriculteurs expriment leur frustration face à l’occupation de leurs terres, les autorités peinent à trouver des solutions durables.
Un agriculteur de Monnaie fonce sur des gens du voyage
L’incident s’est déroulé dans le calme apparent d’une matinée d’hiver à Monnaie, lorsqu’un agriculteur a perdu son sang-froid face à l’installation de gens du voyage sur ses terres. Le 1er décembre 2024, cet homme de 59 ans, déjà connu pour des antécédents de violences, a pris une décision radicale en fonçant sur le groupe avec son tracteur. Les gendarmes, rapidement sur place, ont été contraints de le mettre en joue pour stopper ses manœuvres dangereuses. Ce geste désespéré reflète une exaspération croissante parmi les agriculteurs, confrontés à des installations illégales répétées.

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Des agriculteurs de Richebourg utilisent du lisier pour déloger des squatters
Cette confrontation n’est pas un cas isolé. À Richebourg, dans les Yvelines, une scène similaire s’est déroulée lorsque des gens du voyage ont occupé une parcelle agricole. François Lecoq, agriculteur et membre de la Fédération départementale des Syndicats exploitants agricoles (FDSEA), a vivement dénoncé cette situation, qualifiant les champs de ‘pris en otage’. Sous la surveillance des forces de l’ordre, les agriculteurs ont décidé de riposter en utilisant du lisier de porc pour inciter les squatters à partir. Cette méthode, bien que controversée, témoigne du désespoir des agriculteurs face à un problème récurrent.

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Les agriculteurs se sentent abandonnés par les autorités
La colère des agriculteurs est alimentée par un sentiment d’abandon de la part des autorités. Malgré une loi votée en 2000 pour garantir des aires d’accueil aux gens du voyage, les communes manquent de moyens pour appliquer ces dispositions. François Lecoq souligne que ‘l’agriculture ne pourra pas jouer le rôle d’assistante sociale éternellement’, exprimant ainsi le ras-le-bol d’une profession déjà sous pression. Les agriculteurs doivent souvent supporter seuls le coût du nettoyage des terrains après le départ des nomades, sans aucune aide publique.

