Le débat a atteint un sommet de tension lors de l’évocation du traité transatlantique et de la directive sur le détachement des travailleurs. Philippot a dénoncé une concurrence déloyale « insupportable » pour les secteurs du bâtiment et de l’agroalimentaire, accusant le gouvernement de laisser les entreprises étrangères casser les prix et les salaires sur le sol français. Face à cela, Macron a défendu une stratégie de compétitivité et d’innovation, affirmant que la France ne peut pas « faire la guerre seule avec ses petits bras » contre des géants comme la Chine, sous peine de voir ses exportations, notamment aéronautiques avec Airbus, s’effondrer.
L’un des moments les plus marquants de cet échange fut sans doute la joute sur la vente de l’aéroport de Toulouse aux investisseurs chinois. Pour Philippot, c’est le symbole d’un « désarmement criminel » de la France. Pour Macron, c’est une gestion pragmatique où l’État garde le contrôle tout en attirant des capitaux nécessaires. Ce dialogue de sourds illustre parfaitement le fossé entre une vision de l’État stratège et protecteur et une vision de l’État facilitateur de flux mondiaux.
Au-delà des chiffres et des traités, c’est l’émotion qui a dominé la fin de l’échange. Florian Philippot a reproché à Emmanuel Macron de ne connaître la vie que « dans les cours de chez Rothschild », une attaque personnelle visant à souligner la déconnexion présumée des élites avec la réalité des travailleurs. En retour, Macron a fustigé le « mépris » et la « caricature » de son opposant, l’accusant de ne pas aimer la France mais seulement le désordre qu’il cherche à y semer.

Cet affrontement laisse une question en suspens : la France peut-elle encore décider de son destin économique seule, ou est-elle condamnée à se fondre dans un ensemble plus vaste pour exister ? Si Florian Philippot a semblé laisser son interlocuteur momentanément sans voix sur certains points de souveraineté, Emmanuel Macron est resté inflexible sur sa marche vers l’ouverture. Ce duel n’était pas seulement une dispute politique, c’était le miroir des doutes d’une nation qui cherche sa place entre protection et ambition mondiale. Un moment de télévision qui, loin de clore le débat, n’a fait que souligner l’urgence de réponses concrètes pour les millions de Français qui se sentent aujourd’hui les oubliés de la mondialisation.
