L’humiliation est totale et publique. Le colonel Pascal Ianni, porte-parole de l’état-major français, est contraint d’admettre devant la presse mondiale que le ciel algérien est désormais interdit aux forces françaises. Si Paris tente de minimiser l’impact en parlant d’une perturbation « légère », la réalité sur le terrain est catastrophique.

Privés de la route directe de 4 heures au-dessus de l’Algérie, les avions français doivent contourner tout le bloc maghrébin par l’Atlantique, survoler le Maroc et la Mauritanie pour atteindre le Mali. Le temps de vol bondit de 4 à 10 heures. La distance double. Pour un avion de type A400M, cela signifie 18 tonnes de kérosène supplémentaires par trajet. Le calcul est rapide : avec un surcoût estimé à 14 400 euros par vol, la facture annuelle s’alourdit de plus de 3,5 millions d’euros pour le contribuable français.
Au-delà de l’argent, c’est le timing qui est dévastateur. À ce moment précis, la France entame une réorganisation majeure de ses troupes au Sahel, prévoyant le retrait de certaines bases au Mali. Déplacer des milliers de tonnes de matériel devient un casse-tête logistique sans nom avec des avions obligés de faire des détours gigantesques. L’Algérie, par ce geste, vient de démontrer qu’elle détient les clés de la stratégie française dans la région.
