Guatemala : Des gangs tuent des policiers et prennent le contrôle de prisons, l’état de siège décrété

45 gardiens et un psychiatre pris en otage

Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national, et les cours sont suspendus lundi dans les établissements scolaires. Le président du Parlement Luis Contreras a appelé à l’unité face à « l’un des moments les plus douloureux et les plus difficiles » de l’histoire du pays.

Les gangs Barrio 18 et Mara Salvatrucha, considérés comme « terroristes » par les Etats-Unis et le Guatemala, se disputent le contrôle de territoires du pays d’Amérique centrale, où ils extorquent commerçants, transporteurs et simples citoyens. Ceux qui refusent de payer sont assassinés. Ils sont accusés de meurtre, d’extorsion et de trafic de drogue.

Depuis samedi matin, des membres de ces gangs retenaient en otages 45 gardiens et un psychiatre dans trois prisons du pays pour exiger le transfert de leurs chefs vers des prisons aux mesures de sécurité moins sévères.

« Ces groupes ont voulu instiller la terreur et le chaos »

Dimanche, les autorités ont d’abord repris le contrôle de la prison de haute sécurité, Renovación I, à quelque 75 km au sud de la ville de Guatemala, et libéré les gardiens qui y étaient retenus. Le ministère de l’Intérieur a publié une vidéo sur X, dans laquelle les forces de l’ordre emmènent, menotté, le leader présumé de Barrio-18, Aldo Dupie, surnommé « El Lobo ». La police et l’armée ont ensuite libéré 28 otages dans le centre pénitentiaire Fraijanes II, et neuf autres dans le troisième établissement concerné, dans la région de la capitale.

Ces opérations n’ont pas fait « une seule victime », selon le président. « Ces groupes, désespérés, ont voulu instiller la terreur et le chaos » mais « ils échoueront » car « nous ne négocions pas avec les criminels », a-t-il lancé.

Depuis mi-2025, les gangs ont organisé plusieurs émeutes pour exiger le transfert de leurs chefs dans des prisons aux mesures moins restrictives. En octobre, les autorités avaient annoncé l’évasion de 20 chefs de Barrio 18. Seuls six ont été repris, tandis qu’un autre a été abattu. D’après des chiffres officiels, le taux d’homicides atteignait l’an dernier 16,1 pour 100.000 habitants au Guatemala, soit plus du double de la moyenne mondiale.