Infarctus digestif : voici comment reconnaître les symptômes de cet infarctus de l’intestin

Comment se fait le diagnostic d’infarctus digestif ?

Plus le diagnostic est fait tôt, plus les chances d’éviter une éventuelle partie du tube digestif sont fortes (la résection intestinal n’intervient que dans 40% des cas). Le diagnostic d’infarctus digestif se fait avec un scanner abdominal (angioscanner abdominal). Celui-ci permet de voir les organes de l’abdomen et les vaisseaux digestifs. “Même quand un tel scanner est réalisé dans les services d’urgence, le diagnostic d’infarctus digestif est insuffisamment fait. Il faut que l’infarctus mésentérique soit évoqué par les urgentistes et recherché. Les radiologues vont ainsi regarder les vaisseaux digestifs”, souligne le Pr Olivier Corcos.

Le médecin encourage les patients présentant des symptômes d’infarctus digestif à évoquer ce diagnostic aux urgences. “Ceci surtout s’ils ont des facteurs de risque cardiovasculaires connus (tabagisme, diabète, hypertension artérielle, antécédents de pontage coronarien ou de pose de stent) peuvent aider en demandant : est-ce un infarctus de l’intestin ?

Infarctus digestif : comment améliorer le diagnostic ?

Lorsque l’ischémie digestive est prise en charge chirurgicalement au stade d’infarctus (nécrose intestinale), la mortalité reste de 70%. Si une partie importante de l’intestin s’est nécrosée, les séquelles après résection de cette partie de l’intestin (on enlève la partie morte de l’intestin) sont lourdes. La structure dédiée et organisée SURVI (Structure d’URgences Vasculaires Intestinales) de l’hôpital Beaujon a permis de faire passer une mortalité de 70% à une survie de 70% à 80% (mortalité de 20 à 30%) avec un taux de résection de l’intestin de 40% seulement. C’est le seul centre organisé avec des moyens dédiés et une prise en charge multidisciplinaire : chirurgiens vasculaires, chirurgiens digestifs, des gastro-entérologues et des radiologues interventionnels, anesthésistes-réanimateurs spécialisés.

“Un médecin est de garde dans cette structure 24h/24. Toutes les équipes des hôpitaux d’Ile de France peuvent appeler SURVI en cas de suspicion d’infarctus intestinal et envoyer les images du scanner abdominal. Un cocktail de traitement est utilisé pour ralentir l’évolution, puis une revascularisation des vaisseaux de l’intestin est effectuée selon les cas à Bichat pour une revascularisation chirurgicale ou à Beaujon par voie endovasculaire, avec ou sans résection intestinale”, décrit le Pr Olivier Corcos.

Cette revascularisation rapide permet de ne pas avoir ou très peu de bout d’intestin à retirer, avec au final très peu de séquelles. Le Pr Olivier Corcos est en train de créer un réseau national afin que tous les CHU de France puissent proposer cette prise en charge dédiée, organisée, multidisciplinaire.