Des sommets de la politique aux “querelles d’adolescents”
Le débat, déjà tendu, bascule alors dans une zone plus trouble, celle de l’attaque personnelle et de l’anecdote de coulisses. Pour prouver que l’admiration pour “l’Instagrammeur” dépasse les clivages, Bardella lance une pique inattendue : il affirme que lors de précédentes législatives, l’équipe de Consigny l’aurait imploré pour prendre des photos avec lui dans les loges.
Cette révélation déclenche une dénégation immédiate et véhémente de l’avocat. On assiste alors à une scène surréaliste où deux hommes aspirant à influencer le destin de la France se disputent pour savoir qui a demandé un selfie à qui. « C’est vous qui draguiez tout l’étage ! », s’exclame Consigny, tandis que Bardella maintient sa version avec une assurance provocatrice.
Cette séquence, bien que moins noble que la discussion sur le pouvoir d’achat ou l’identité nationale, est celle qui a le plus marqué les esprits. Elle symbolise cette nouvelle ère politique où la mise en scène et la vie privée s’invitent sans cesse sur le devant de la scène, transformant chaque rencontre en un épisode de série virale.
Ce qu’il faut retenir de ce choc
Au-delà de l’anecdote, ce duel révèle une fracture profonde dans la société française. D’un côté, une vision classique de la politique, où le diplôme, la profession libérale et l’expertise technique sont les seuls gages de crédibilité. De l’autre, une vision populiste (au sens noble du terme) qui place l’adhésion des masses et la représentativité électorale au-dessus de tout.
Charles Consigny a tenté de défendre la « politique métier », celle qui demande d’avoir géré un cabinet ou une entreprise. Jordan Bardella a défendu la « politique mission », celle qui tire sa force de la souffrance et de l’espoir des millions de Français qui se sentent oubliés par les “sachants”.
Le verdict final appartient, comme toujours, au public. Si les partisans de Consigny y verront la résistance nécessaire de l’intellect face à la communication pure, les soutiens de Bardella y voient la victoire éclatante de la légitimité populaire sur le mépris de classe. Une chose est certaine : en politique, une statistique bien placée vaut parfois mieux que le plus brillant des plaidoyers.
