Le rideau est tombé sur l’une des carrières les plus flamboyantes et les plus singulières de l’histoire culturelle française. Brigitte Bardot, celle que le monde entier surnommait affectueusement « BB », s’est éteinte à l’âge de 91 ans. Avec sa disparition, c’est une part immense de l’identité française qui s’évapore, laissant derrière elle un sillage de nostalgie, de liberté et un combat acharné pour ceux qui n’ont pas de voix. De la jeune fille ingénue de Saint-Tropez à la militante radicale de la cause animale, Bardot n’aura jamais cessé de bousculer les consciences, vivant chaque instant avec une intensité qui forçait l’admiration ou la controverse.
Dès l’annonce de son décès, une onde de choc a traversé l’Hexagone, remontant jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Le Président de la République, Emmanuel Macron, a été l’un des premiers à exprimer l’émotion de la nation. Dans un hommage empreint de poésie et de respect, il a décrit Brigitte Bardot comme une « légende du siècle ». « Son visage qui devint Marianne, Brigitte Bardot a incarné une vie de liberté, une existence française, un rayonnement universel », a écrit le chef de l’État. Ces mots ne sont pas de simples formules de circonstance ; ils traduisent la place unique qu’occupait l’actrice dans l’imaginaire collectif. Elle n’était pas seulement une star de cinéma, elle était l’incarnation même d’une France audacieuse, rebelle et lumineuse.
Le parcours de Brigitte Bardot est celui d’une métamorphose permanente. Propulsée au rang de sex-symbol planétaire à seulement 21 ans grâce au film « Et Dieu… créa la femme » en 1956, elle a révolutionné l’image de la femme au cinéma. Avec ses cheveux blonds ébouriffés, ses pieds nus et son énergie brute, elle a défié les conventions morales rigides de l’époque. Elle a apporté une modernité radicale, faisant voler en éclats les stéréotypes de la femme soumise ou simplement décorative. Pour beaucoup, elle a été la première véritable femme libérée de l’après-guerre, une icône féministe avant l’heure qui revendiquait le droit de disposer de son corps et de ses désirs comme bon lui semblait.

