Comment les États-Unis justifient-ils le renforcement des contrôles ?
L’administration Trump justifie ces conditions strictes par la protection des Etats-Unis contre les “terroristes étrangers et autres menaces à la sécurité nationale“. Par le passé, les conditions de visa pour les étudiants et les professionnels ont déjà été durcies.
Désormais, ils doivent eux aussi fournir des informations complètes sur leur personne et leur passé. Pour les citoyens de certains pays, l’octroi de visas est même complètement suspendu.
Quelles sont les critiques ?
La commissaire fédérale allemande à la protection des données et à la liberté d’information, Louisa Specht-Riemenschneider, s’est montrée préoccupée par les modifications apportées au programme ESTA. Selon un porte-parole de Specht-Riemenschneider, les voyageurs devraient bien réfléchir s’ils sont prêts à fournir autant de données personnelles aux autorités américaines. Parallèlement, les informations supplémentaires augmentent la probabilité d’erreurs dans le processus de demande.
Des critiques émanent également des États-Unis : les démocrates et les scientifiques reprochent au gouvernement Trump d’évaluer les activités en ligne des dissidents afin de tenir certains groupes de visiteurs à l’écart du pays. Ainsi, les profils de médias sociaux des étudiants étrangers sont notamment examinés pour déterminer leur position vis-à-vis d’Israël.
Une pratique répandue ?
Si elle demeure particulièrement poussée dans le cas américain, la pratique n’est pas totalement isolée dans le monde. En Amérique latine, certains pays ont déjà intégré une dimension numérique dans leurs procédures de visa. La Colombie demande ainsi explicitement aux candidats de fournir leurs noms d’utilisateur sur des plateformes comme Facebook, Instagram ou X lors de la demande de visa.
Dans d’autres régions du monde, l’intégration formelle des profils numériques reste moins systématique : ni le Canada ni la plupart des pays européens ne demandent actuellement des historiques complets de réseaux sociaux pour pénétrer sur leur territoire ou pour des visas courts, par exemple pour les déplacements professionnels ou touristiques.
Cependant, des pratiques de vérification des contenus publics se généralisent dans les procédures de visas de long séjour ou dans les contrôles de sécurité, notamment pour des demandes d’emploi, d’études ou de résidence, où les profils en ligne peuvent être utilisés pour vérifier l’exactitude des informations fournies.
Dans le cas des États-Unis, l’entrée en vigueur de ces procédures supplémentaires pourrait accentuer la désaffection des visiteurs étrangers. En 2025, le nombre de voyageurs internationaux a reculé de 6%, alors que les flux mondiaux sont en hausse. Un indéniable “effet Trump”, combiné à d’autres facteurs, comme la flambée des prix.
