Les modèles économiques minimisent les dégâts climatiques : un krach mondial en vue ?

Le problème avec le PIB

Une idée reçue fréquente concernant les chiffres de pertes de PIB liées au climat est que, par exemple, une baisse projetée de 20 % représenterait une réduction directe de la production économique actuelle.

Or, le rapport soutient que les économistes ont construit une « économie magique » dans laquelle une croissance annuelle du PIB de 3 % se poursuivrait indéfiniment dans le futur, quelle que soit la gravité des impacts climatiques.

« Ce n’est qu’ensuite que ces 20 % sont retranchés de ce total gonflé par la croissance, dans un futur fictif avec ou sans changement climatique », précise le rapport.

« À aucun moment les modèles des économistes n’envisagent la possibilité d’une réduction structurelle de la taille de l’économie. »

L’un des principaux problèmes mis en évidence par les chercheurs est que le PIB est un indicateur trop « étroit » pour refléter les dommages climatiques, les estimations sous-évaluant largement les véritables dégâts économiques, sociaux et environnementaux.

Cela tient au fait que le PIB ne prend pas en compte des facteurs tels que la mortalité humaine, les inégalités, les pertes culturelles et les déplacements de population, la dégradation des écosystèmes ou encore les perturbations de la vie sociale.

« Dans certains cas, le PIB peut même augmenter après des catastrophes en raison des travaux de reconstruction à venir, ce qui masque totalement les pertes de bien-être », ajoute le rapport.

« En conséquence, les évaluations centrées sur le PIB peuvent donner aux décideurs et aux institutions financières une fausse impression de résilience, alors même que la vulnérabilité sous-jacente s’accroît. »

Le rapport s’ajoute aux appels de plus en plus nombreux à compléter le PIB par des indicateurs qui reflètent mieux la réalité économique vécue et la stabilité à long terme.