L’Épine Sécuritaire : Le Risque Inhérent à la Régularisation
L’argument le plus clivant et le plus alarmiste de Marion Maréchal est sans doute celui lié à la sécurité. Pour elle, la mise en place d’une politique de régularisation envoie un signal fort : elle incite « des personnes de façon massive à tenter la traversée vers la France parfois au péril de leur vie » dans l’espoir d’être régularisées après avoir violé la loi. Mais au-delà de l’incitation, elle évoque le « risque » qu’en transformant les frontières en « passoir », la France fasse rentrer des individus « beaucoup plus dangereuses » : des délinquants, des criminels et, potentiellement, des terroristes.
Elle étaie ce propos en citant des données : selon une étude du ministère de l’Intérieur, en Île-de-France, les personnes venues de l’étranger représentent près de la moitié des mis en cause dans les vols avec violence. Le commentateur ajoute que, bien que les immigrés ne représentent qu’environ 1 habitant sur 5 à Paris, cette proportionnalité soulève des interrogations sur la délinquance.
La confrontation entre le plaidoyer d’Ibrahima (« je travaille, j’ai envie de rester ») et le rappel de la loi par Marion Maréchal (« vous avez violé la loi française ») cristallise le dilemme français. Au-delà des chiffres, au-delà des lois, c’est une question de vision : la France doit-elle privilégier la compassion, l’utilité économique et l’humanité face à un homme qui contribue concrètement à son fonctionnement, ou bien doit-elle se retrancher derrière le strict respect d’un État de droit, quitte à ignorer la réalité de son économie souterraine et la dimension humaine du drame migratoire ?
Le débat est loin d’être clos. L’histoire d’Ibrahima et la mobilisation des 600 grévistes de la CGT ont forcé les politiques à regarder en face cette main-d’œuvre invisible. Mais tant que la France n’aura pas réconcilié ses principes légaux avec ses besoins économiques, le travailleur sans-papiers restera le visage d’une exploitation nécessaire, pris au piège entre une loi intraitable et un avenir qu’il veut construire dans un pays qu’il a appris à aimer.
