La partie sur le Mercosur n’est pas tout à fait jouée et les agriculteurs l’ont bien compris, il reste une carte à abattre contre cet accord commercial qu’ils jugent en leur défaveur. Aussi, le rendez-vous a été donné ce mardi à Strasbourg, pour deux jours, devant le Parlement Européen qui est en pleine session plénière. Au total, quelque 4.000 agriculteurs venus des quatre coins de l’Union européenne (UE), dont l’Italie, la Belgique et l’Allemagne, sont attendus, avec une majorité de Français, le mouvement ayant été lancé par la FNSEA, premier syndicat agricole national.
Des centaines de tracteurs et autant de difficultés
Des centaines d’agriculteurs, notamment français, italiens, belges et polonais, ont commencé à se réunir à quelques centaines de mètres du Parlement européen vers lequel ils doivent converger en fin de matinée.
L’accord commercial entre l’UE et les pays latino-américains du Mercosur, va se traduire par l’importation de nourriture « produite de manière complètement différente qu’en Europe, avec plus de produits phytosanitaires, et pas les mêmes normes », redoute Baptiste Mary, 24 ans, agriculteur dans la Marne. Regrettant que dans les négociations commerciales, « l’agriculture ne fait pas le poids comparé à l’automobile », il arbore une pancarte proclamant « UE veux-tu encore de tes paysans ? » et « Mercosur = mort à coup sûr ».
Trois jours après la signature de l’accord commercial entre l’UE et les pays latino-américains du Mercosur, au Paraguay, les agriculteurs ne comptent « pas lâcher », déclare à l’AFP Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA. Ils s’étaient déjà mobilisés par milliers le 18 décembre à Bruxelles. Selon lui, de « 600 à 700 » tracteurs affluent dès ce matin dans la capitale alsacienne, ce qui devrait provoquer des difficultés de circulation. Un important dispositif policier a d’ailleurs été déployé pour protéger le Parlement européen.
Objectif ? Exprimer bien sûr leur rejet de l’accord commercial avec le Mercosur mais aussi et surtout « mettre la pression » sur les députés européens, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice. Les eurodéputés ne se prononceront en effet sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer ce mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.
« Même s’il y a des pays qui sont favorables au Mercosur, à l’intérieur des pays, il y a des eurodéputés qui se questionnent fortement et ça peut se jouer à quelques voix près donc il faut continuer à mettre la pression », souligne Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA. Les agriculteurs ont prévu de rencontrer de nombreux parlementaires et de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.
