Paris : Un collectif féministe s’en prend à la statue de Mohamed VI au musée Grévin

Alors que le Maroc attirait tous les regards dimanche, opposé au Sénégal lors de finale de la Coupe d’Afrique à Rabat, une militante du collectif féministe SCUM a saisi l’occasion de cette mise en lumière du pays pour s’en prendre, la veille du match, à la statue en cire du roi du Maroc Mohamed VI au musée Grévin à Paris. La militante a en effet enfilé un maillot sur la statue barré de l’inscription « FREE BETTY LACHGAR » (Libérez Betty Lachgar), pour alerter sur l’état de santé de cette activiste emprisonnée pour blasphème.

L’action, dont la vidéo a été transmise à l’AFP, a duré quelques minutes, « aux alentours de 11 heures », a indiqué la militante du collectif SCUM qui l’a menée. La militante, vêtue d’un maillot identique, écrit sur le mur « FREE BETTY » avec un marqueur blanc, avant de crier notamment, « elle risque la mort, elle va mourir en prison ». La jeune femme a finalement été évacuée par la sécurité du musée. « Ils ont pris mon identité, je m’attends à être convoquée par la police », a-t-elle expliqué. « On a pu intervenir rapidement”, a déclaré à l’AFP le directeur général du musée Grévin Yves Delhommeau, déplorant « qu’on utilise de plus en plus Grévin pour faire du militantisme ».

En attendant, l’occasion pour le collectif de parler au plus grand nombre d’Ibtissame « Betty » Lachgar, 50 ans, condamnée en septembre 2025 à 30 mois de prison et à une amende d’environ 5.000 euros pour « atteinte à la religion islamique ». Sa peine a été confirmée en appel en octobre. Cette militante féministe marocaine avait été arrêtée après avoir publié sur les réseaux sociaux une photo blasphémant l’islam. Selon le collectif, elle est privée des soins (elle est en rémission d’un cancer) dont elle aurait besoin et elle pourrait perdre son bras.

Notre dossier sur le musée Grévin

« La finale de la CAN qui se déroulera à Rabat, ville où est emprisonnée Betty, offre au Maroc un rayonnement culturel international et nous voulions montrer qu’il est inadmissible de valoriser un pays violant ouvertement les droits humains », a expliqué la militante du collectif SCUM.

Ce collectif, qui se présente comme « radical », avait mené une action au Festival de Cannes en 2022, quand une militante dénonçant les viols commis par des Russes en Ukraine avait fait irruption, torse nu et culotte tachée de sang, sur le tapis rouge, avant d’être stoppée par les services de sécurité.