Paris : Un juge d’instruction va enquêter sur la mort d’EL Hacen Diarra en garde à vue

Une autopsie qui « n’apporte pas à ce stade de certitude »

« La saisine tardive d’un juge d’instruction […] ne saurait masquer l’inaction coupable du parquet », s’est indigné l’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, qui fustige un délai de « cinq jours pendant lesquels la vérité a été étouffée, les preuves laissées à l’abandon et la famille tenue à l’écart ».

Le parquet a indiqué avoir d’abord ouvert « une enquête en recherche des causes de la mort », « en l’absence initiale de tout élément connu sur les causes du décès », pour pouvoir « immédiatement » ordonner une autopsie.

Mais cette autopsie « n’apporte pas à ce stade de certitude » et des « analyses toxicologiques et anatomopathologiques » doivent être menées, précise-t-il. « Un réexamen du scanner par des radiologues a été ordonné, de même que les examens complémentaires dont les conclusions ne seront pas disponibles avant plusieurs semaines ».

Deux versions

Selon la version du parquet, les policiers avaient contrôlé El Hacen Diarra après l’avoir « vu rouler un joint de cannabis », puis l’avaient placé en garde à vue pour usage de faux documents et détention de ce produit stupéfiant, ainsi que pour rébellion. Mais d’après ses proches, l’homme « buvait simplement un café en bas du foyer (où il résidait) lorsque la police est venue vers lui ».

El Hacen Diarra, qui vivait depuis plusieurs années dans un foyer de travailleurs migrants, était originaire de Baydam, ville du sud de la Mauritanie, ont raconté ses proches lors d’une manifestation en son hommage qui a rassemblé un millier de personnes dimanche à Paris. « Il était très calme, gentil, souriant et discret. Un peu dans son monde. C’était un artiste de formation », a décrit Ladi Sacko, l’un de ses voisins.