Philippe de Villiers sur la vidéo de l’Élysée qui l’attaque : “Macron est sorti de ses fonctions”

De Shigaliov au Ministère du Mensonge : La Fabrique de la Vérité

Dans cette initiative, Philippe de Villiers décèle les prémices d’un régime autoritaire. Il l’assimile au « Chigaliovisme », du nom du personnage de Dostoïevski dans Les Possédés. Shigaliov a voulu proposer un système d’organisation du monde, partant de la « liberté illimitée » pour arriver au « despotisme illimité », où un dixième de l’humanité impose le despotisme aux neuf dixièmes restants. La parabole du label, affirme De Villiers, c’est cela : l’usage d’un mot noble — la confiance — pour masquer une volonté de contrôle absolu.

Il établit ensuite un parallèle glaçant avec le « Ministère de la Vérité » de George Orwell dans 1984. Cette institution du régime totalitaire d’Océania n’a pas pour but de dire la vérité, mais de la « fabriquer » en réécrivant les journaux, les statistiques et les archives, assurant ainsi la « maîtrise absolue du récit collectif » et la « destruction de toute mémoire indépendante. » Le ministère de la vérité est en réalité le « ministère du mensonge et de la propagande. »

Le label est ce « filtre » que le pouvoir veut installer pour distinguer la « bonne information » — celle qui est « conforme à l’idéologie dominante » et qui peut aller jusqu’aux oreilles du public — de la « mauvaise information », celle qui serait faite de « petits cailloux » dans la chaussure du pouvoir. Cette labellisation est une « accréditation » donnée par des gens « habilités à faire le tri », ce qui mène inéluctablement à un contrôle totalitaire.

De Villiers se justifie également sur sa formule choc de la « peste brune et de la peste rouge » (nazisme et communisme, deux régimes totalitaires ayant en commun de chercher à « absorber » la liberté). Il détaille les quatre méthodes des régimes totalitaires qu’il voit à l’œuvre aujourd’hui :

La monopolisation des canaux d’information : illustrée par la préemption du service public sur les fréquences hertziennes, limitant la place de la « parole alternative. »

L’agrément par un ordre corporatif : confier à un corps de métier (l’Union des Écrivains chez les Soviétiques, les professionnels des médias ici) le soin de décerner les brevets de conformité. C’est l’« univers du mensonge » : « Nous savons qu’ils nous mentent. Ils savent que nous savons qu’ils nous mentent. »

La judiciarisation : l’usage d’« infractions élastiques » pour intimider et transformer l’opposant en « déviant, démon ou délinquant. »

L’autosurveillance : la peur de sortir du « périmètre sanitaire » qui mène à l’« avachissement des consciences » et, selon Bernanos, au risque de désapprendre à aimer la liberté.

Le « Nœud Couland Numérique » Européen

Philippe De Villiers : "Macron fait le grand remplacement"

L’idée de labellisation n’est pas un acte isolé, prévient Philippe de Villiers, mais s’inscrit dans un « dispositif européen liberticide » qu’il qualifie de « nœud coulant numérique à quatre boucles » autour de nos libertés fondamentales :

Le DSA (Digital Service Act) : Cette directive permet de pousser les contenus labellisés et d’écarter ou de reléguer les contenus « non conformes », traquant ainsi « toute forme de dissidence » au nom de la lutte contre la désinformation.

Le Portefeuille d’identité numérique : Le citoyen devient un « QR code en liberté conditionnelle », la « clé de voûte d’un pilotage généralisé des corps et des comportements. » Fiché, noté, géolocalisé, il devient un « flux de données » soumis à une carte de « crédit social. »

Le Chat Control : La fin des correspondances privées, scannées, analysées et contrôlées sans mandat judiciaire ni suspicion, instaurant une « surveillance de masse généralisée. »

La Labellisation (avec l’Euro Numérique) : L’euro numérique, c’est la fin de l’argent liquide et la traçabilité totale. Combiné au système de notation sociale, il permet de « couper les vivres » et de faire du citoyen à risque un « non-citoyen. »

Ce dispositif d’ensemble, inspiré par la Chine, est pour Philippe de Villiers une « architecture de notation sociale » où les citoyens à risque seront « repérés, scannés et exclus. » Un « système totalitaire » est donc en train de se mettre en place.

En conclusion de son intervention, Philippe de Villiers sonne l’alarme face à un pouvoir qui, par sa « vindicte » et son désir de contrôle du récit collectif, s’éloigne des fondements de la démocratie. Le danger ultime, celui que pointait George Orwell, n’est pas tant de perdre la liberté que d’imaginer « une botte qui piétine un visage humain éternellement. » Le débat sur le label médiatique est, selon lui, le signal de départ d’une entreprise de démolition de la liberté individuelle qui nécessite une prise de conscience urgente.