Le conflit idéologique : valeurs contre marché
L’enjeu va au-delà de la simple géopolitique ou de l’économie. Pierre De Gaulle voit dans ce conflit un affrontement de civilisations. D’un côté, les pays des BRICS, qui représentent les deux tiers de la planète et défendent des « valeurs fondamentales de la famille, de la foi, la spiritualité, les traditions ». De l’autre, un « monde anglo-saxon » axé sur le « marché financier », la « consommation », le « plaisir » et le « court terme ». Il s’agit d’un « véritable conflit idéologique » qui va nécessairement « s’étendre et se diversifier ».
Ce constat est d’autant plus frappant qu’il souligne l’hypocrisie des sanctions. La Russie fournit toujours 20 % de l’uranium américain et 60 % des métaux industriels nécessaires à l’industrie européenne, notamment automobile. Les échanges continuent, mais via des circuits détournés, prouvant que l’Europe ne peut pas « se passer de la Russie ».
L’avertissement final : que ferait le Général aujourd’hui ?
En conclusion de son entretien, Pierre De Gaulle a insisté sur l’urgence de revenir à la raison et à la diplomatie. Il a rappelé les nombreuses tentatives d’accords de paix, torpillées notamment par Boris Johnson. « La seule solution est diplomatique, elle ne peut plus être militaire », a-t-il martelé, dénonçant la stratégie américaine de « not enough to win but enough to survive », qui ne fait qu’alimenter une surenchère de guerre absurde dont la charge financière sera refilée aux Européens.
Le verdict est implacable : le « grand perdant de cette guerre sera l’Europe », précipitée dans cette crise par « la volonté des politiques ». L’entretien se termine sur une question qui résonne comme un appel à la conscience nationale : « Que ferait aujourd’hui le Général de Gaulle ? » Le gaullisme, ce courant qui prône l’indépendance, l’équilibre et la dignité nationale, est l’antidote à la vassalisation. L’avertissement de Pierre De Gaulle, chargé d’indignation et d’espoir, est une mise en garde contre l’autodestruction européenne et un vibrant plaidoyer pour que la France retrouve son rôle d’arbitre, loin des querelles de blocs et des manigances atlantistes. L’histoire, comme un miroir, renvoie la France à ses responsabilités présentes et futures : choisir l’indépendance ou l’asservissement.
