


En pleine ascension dans les enquêtes de popularité , avec 28 % d’opinions favorables (+ 11 points) dans le baromètre Elabe, Sébastien Lecornu était en outre le plus avancé dans les négociations avec le Parti socialiste sur un éventuel accord de non-censure à l’Assemblée nationale. Il avait indiqué lors de son passage sur France 2 que les discussions achoppaient encore sur les « derniers mètres ». L’hypothèse d’un accord autour d’une suspension de la réforme des retraites, réclamée par le Parti socialiste, étant la plus probable, même si le parti d’Olivier Faure, assure qu’il n’existe « aucune forme de deal » avec la majorité à l’Assemblée. L’option Lecornu était également la plus pratique, alors qu’un budget doit impérativement être déposé le 13 octobre en vue d’être adopté avant le 31 décembre, le Premier ministre ayant travaillé sur la première ébauche du Projet de loi de finances.
Le bail de Sébastien Lecornu à Matignon s’annonce toutefois particulièrement précaire. Le Premier ministre devra composer avec un paysage politique hostile et éruptif. Le socle commun, qu’il composait avec la droite, a volé en éclat et Bruno Retailleau a dit qu’il ne soutiendrait pas un gouvernement macroniste. Les chefs des formations macronistes, Edouard Philippe et Gabriel Attal, sont de leur côté en totale rupture avec le chef de l’Etat. Quant à la gauche, qui s’imaginait à Matignon, elle voit dans la reconduction de l’Eurois une provocation et appelle alternativement à la censure (Marine Tondelier) ou à la démission du chef de l’Etat (Jean-Luc Mélenchon). Seuls les socialistes offrent une étroite voie de passage. Mais elle sera ardue. « Il faudra que ça leur fasse mal », confiait le chef des députés PS Boris Vallaud à Challenges , il y a quelques semaines. Sébastien Lecornu doit se préparer à souffrir.