La Réplique Socialiste : Du “Pitre” à l’ “Obsession”
La réaction du banc socialiste fut immédiate et indignée. Prenant la parole pour “mise en cause personnelle”, Monsieur Brun a attaqué la forme plutôt que le fond des accusations procédurales. Il a qualifié Tanguy de “pitre”, une insulte classique mais révélatrice de l’exaspération du moment. Tentant de démentir toute collusion, Brun a assuré : “Nous avons découvert l’amendement du gouvernement comme vous tous”.

Cependant, il est à noter que sa défense portait essentiellement sur le timing de la découverte, et non sur l’existence ou non de négociations en amont, un point qui n’a fait qu’alimenter les soupçons de l’opposition. Le socialiste a ensuite porté une attaque personnelle en reprochant à Tanguy une “certaine obsession à mon égard” et, de manière choquante, lui a suggéré de se “faire soigner”. Si la tension parlementaire justifie parfois les propos vifs, cette injonction a provoqué le rappel à l’ordre de la Présidente, contrainte d’intervenir : “s’il vous plaît attention aux uns et aux autres aux propos tenu”.
Le Véritable Enjeu : Sauver le Patrimoine des Riches
Au-delà des attaques personnelles et des joutes procédurales, Jean-Philippe Tanguy a révélé ce qui, selon lui et certains journalistes présents dans les coulisses, était le véritable moteur de la manœuvre. L’enjeu n’était pas seulement de taxer les grandes entreprises, mais bien d’équilibrer cette mesure pour préserver d’autres intérêts.
Tanguy expose ce qu’il prétend être la monnaie d’échange : les socialistes seraient en train de négocier “plus sur les grandes entreprises pour moins sur le patrimoine des riches”. C’est là que réside l’accusation la plus fondamentale et la plus émotionnelle. Il dénonce une connivence de classe : “même les riches dans notre pays préfèrent faire raquer les grandes entreprises que leur patrimoine personnel”. Cette phrase cristallise l’idée que la haute bourgeoisie, dont il accuse le PS de se faire le complice, est prête à sacrifier des intérêts industriels ou commerciaux, pourvu que sa richesse personnelle (son patrimoine) reste intouchée.
“Je vois que vous collaborez à ce petit comportement de la haute bourgeoisie française qui depuis des années préfère sacrifier les industries et les entreprises plutôt qu’un patrimoine personnel”. En opposant les “grandes entreprises” (souvent perçues comme abstraites) aux “industries et entreprises” (perçues comme concrètes et créatrices d’emplois), le député RN établit une distinction idéologique forte, dépeignant le PS comme le collaborateur d’une élite qui a les moyens d’influencer le processus législatif pour sa propre survie fiscale, quitte à trahir sa base populaire.
Cette sortie, conclut le reportage, “confirme le rôle central que Tanguy veut jouer au sein du RN à l’Assemblée”, se posant en justicier, le fer de lance contre les compromissions du “vieux monde”. Une chose est certaine : le débat sur la justice fiscale est loin d’être clos, et la bataille politique autour du budget 2026, émaillée de telles accusations de “spiritisme” et de collusion, promet des moments encore plus explosifs à venir. Le coup de théâtre de ce lundi restera gravé comme l’un de ces rares moments où les murs de l’Hémicycle ont semblé tomber, révélant au grand jour les arrangements de coulisses qui façonnent la loi.
