«Blocage des récepteurs des jonctions neuromusculaires»
Les grenouilles-dards ou «à flèches empoisonnées» est un groupe de la famille des Dendrobatidae, des amphibiens originaires d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud – il n’y en a pas, naturellement, en Russie. Reconnaissables à leurs couleurs vives, «elles mesurent généralement moins de 1,5 centimètre, bien que certaines puissent atteindre 6,5 centimètres et se nourrissent principalement de fourmis, de termites et d’autres petits invertébrés», explique le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW). De même, ajoute l’ONG, ces grenouilles sont diurnes, donc actives le jour. Environ 170 espèces sont recensées dans ce groupe. L’espèce précise dans le cas d’Alexeï Navalny est vraisemblablement la grenouille à flèches empoisonnées d’Anthony (Epipedobates anthonyi), que l’on retrouve en Équateur et au Pérou.
La toxine de ces grenouilles, qui ne synthéthisent pas leur poison, provient de leur régime alimentaire. Elle l’absorbe en ingérant des arthropodes fourmis, acariens… – eux-mêmes venimeux. Les grenouilles stockent ensuite le venin dans les glandes de leur peau.
Leur peau contient notamment de l’épibatidine, un neurotoxique découvert au milieu des années 1970. «Elle peut également provoquer un blocage des récepteurs au niveau des jonctions neuromusculaires, entraînant une paralysie respiratoire et la mort. C’est aussi un puissant analgésique», explique la United States National Library of Medicine, la bibliothèque nationale spécialisée en médecine et dans les sciences et techniques associées, rattachée aux Instituts américains de la santé. Son effet analgésique est estimé environ 200 à 250 fois plus puissant que celui de la morphine.
