Convergence des luttes : quand les maires rejoignent les champs

Ce qui terrorise réellement l’exécutif, c’est la jonction entre cette fronde institutionnelle et la colère du monde agricole. Alors que les agriculteurs, étranglés par les normes et les accords de libre-échange comme le Mercosur, brûlent parfois ces mêmes drapeaux sur les ronds-points, les maires les retirent des bâtiments officiels. Cette convergence crée un climat de désobéissance civique généralisée qui sape les fondations mêmes de l’autorité verticale chère à Emmanuel Macron.
Le gouvernement semble tenté par une réponse autoritaire : rendre le drapeau obligatoire par une nouvelle loi. Mais une telle décision serait un aveu de faiblesse historique. Rendre un symbole obligatoire, c’est reconnaître qu’il n’est plus aimé, qu’il ne rassemble plus, et qu’il ne tient plus que par la force de la contrainte.
Un pouvoir à bout de souffle ?
Derrière la querelle de drapeaux, c’est la question de la souveraineté qui revient au galop. Qui décide réellement pour les Français ? Les maires, en première ligne face aux fermetures de commerces, à la disparition des services publics et à la détresse de leurs administrés, ne supportent plus d’être les simples exécutants de directives prises à Bruxelles ou à Paris.
Le mouvement montre qu’une ligne invisible a été franchie. La peur des sanctions, du “qu’en-dira-t-on” médiatique ou de l’isolement politique est en train de s’évaporer. Chaque mairie qui libère sa façade donne le courage à dix autres de faire de même. C’est l’effet domino que rien, semble-t-il, ne peut plus arrêter.
En conclusion, la France traverse une phase de transition brutale. Ce n’est plus seulement une crise sociale, c’est une crise de l’imaginaire national. Le drapeau européen, tel qu’il a été imposé, a perdu son innocence. Il est désormais marqué du sceau de la discorde. Macron peut bien continuer à parler d’une « Europe qui protège », le réel, lui, s’affiche sur les frontons de nos mairies : un pays qui cherche à reprendre son destin en main, un geste à la fois. La suite de l’histoire risque de faire beaucoup de bruit, car une fois que le peuple redécouvre sa capacité d’agir, il ne revient jamais en arrière.
