Le scandale des « ordres venus d’ailleurs »
L’un des moments les plus marquants de cette intervention concerne la fuite d’informations dans les médias, notamment via L’Opinion. Le député s’est étonné, avec une feinte naïveté, de voir que les décisions concernant l’ordre de priorité des articles à examiner — comme l’article 3 et la fameuse « taxe Zucman » — soient connues par la presse et confirmées par Matignon avant même d’être communiquées à la représentation nationale.
« Est-ce que c’est ici que se fait le budget ou est-ce que c’est dans un monde parallèle ? », a-t-il martelé. Cette question soulève le voile sur une déconnexion perçue entre les couloirs feutrés de Bercy ou de Matignon et la réalité des débats en séance publique. En suggérant que les députés sont « baladés » tandis que les véritables arbitrages se font dans l’ombre des ministères ou lors de réunions de partis, Tanguy touche une corde sensible : celle de la souveraineté parlementaire.
Une démocratie en otage ?

L’attaque s’est conclue sur une interrogation fondamentale sur la nature même de la session actuelle. Le député a fustigé l’absence de certains responsables, citant Monsieur Lescure, et s’est demandé si l’Assemblée n’était pas devenue, malgré elle, le lieu d’un « congrès du Parti socialiste » plutôt que celui d’un débat sérieux sur le budget de la France.
Cette sortie reflète l’état de tension extrême qui règne au sein d’une Assemblée nationale fragmentée, où chaque minute de parole est une arme et chaque silence une concession. Pour le député Tanguy, l’heure n’est plus à la pédagogie superflue sur le code général des impôts ou le droit des sociétés — des sujets que les parlementaires maîtrisent — mais à l’action et à la transparence.
Le sentiment d’être « baladé » semble partagé par une partie de l’opinion publique qui observe ces joutes avec un mélange de lassitude et d’inquiétude. En dénonçant ce qu’il appelle une « mise en scène », le député du Rassemblement National ne cherche pas seulement à critiquer le budget, mais à délégitimer la méthode même du gouvernement. Reste à savoir si ce coup d’éclat changera la donne ou si le « théâtre » continuera jusqu’au dénouement final du 49.3, l’épée de Damoclès qui pèse sur chaque débat budgétaire.
