Sept ans après la mort d’Allan Lambin en garde à vue à Saint-Malo, quatre policiers sur le banc des accusés

Retrouvé inanimé deux heures après son malaise

Après cette interpellation musclée, le fils et le père avaient été conduits au commissariat de Saint-Malo et placés en cellule de dégrisement. Vers 22h40, un médecin avait rapidement ausculté Allan, jugeant son état compatible avec une garde à vue. Quelques minutes plus tard, le jeune homme s’était effondré dans sa cellule après un malaise.

Il ne sera découvert inanimé que deux heures après par le médecin avant que son décès ne soit prononcé un peu plus tard. Placé dans une cellule voisine, son père ne l’apprendra que le lendemain matin. L’autopsie avait alors révélé une hémorragie au niveau du thorax et une mort par asphyxie du jeune homme, qui affichait un taux d’alcool de 0,81 gramme d’alcool par litre de sang.

Aucun policier ne s’est inquiété de son sort, selon l’IGPN

Sur le banc des accusés, les quatre policiers étaient en poste au commissariat cette nuit-là, chargés de surveiller les gardes à vue. Ce qui n’a pas été le cas, selon un rapport de l’IGPN, qui avait relevé que les quatre agents qui s’étaient relayés par binôme ne s’étaient pas « inquiétés » du sort d’Allan Lambin « pendant près de deux heures », se contentant juste d’écrire « RAS » tous les quarts d’heure sur leur fiche de surveillance. « S’ils avaient fait correctement leur travail, Allan aurait pu être sauvé », assure Maître Hélène Laudic-Baron.

Avocat de l’un des policiers renvoyés devant le tribunal, Maître Frédéric Birrien estime pour sa part que le délit d’homicide involontaire ne tient pas pour son client car « il faut pour cela un lien de causalité directe ou indirecte mais certain entre les manquements et le décès ». Le procès doit se tenir jusqu’à mardi soir.