L’Europe et le contrôle des communications
Au niveau européen, la tendance est tout aussi inquiétante. Le projet “Chat Control” prévoit le scan automatique des messages privés sur des plateformes cryptées comme WhatsApp ou Telegram. L’objectif officiel est louable : la lutte contre la pédopornographie. Cependant, les experts s’alarment de la création d’une infrastructure de surveillance généralisée qui pourrait, à terme, être utilisée pour traquer les “fake news” ou les opinions dissidentes.
Parallèlement, le déploiement du Portefeuille d’Identité Numérique Européen (Digital Identity Wallet) centralisera vos papiers d’identité, permis de conduire et diplômes sur un cloud unique. Si la promesse est celle de la simplification, le risque est celui d’une centralisation sans précédent des données personnelles, facilitant un contrôle étatique instantané.
Un modèle commercial plus intrusif que l’État ?

Il serait simpliste de ne blâmer que l’État. Aux États-Unis, la surveillance est fragmentée mais tout aussi massive, portée par le business des “Data Brokers”. Ces entreprises collectent et revendent des milliards d’informations : vos historiques d’achats, vos déplacements GPS et même vos émotions analysées par l’IA. En France, nous subissons ce double assaut : celui d’un État sécuritaire et celui de plateformes numériques qui connaissent nos intentions d’achat avant même que nous en soyons conscients.
Même vos trajets quotidiens ne sont plus anonymes. Sur certaines autoroutes comme l’A13, les péages physiques disparaissent au profit de portiques bardés de capteurs qui scannent votre plaque et vous imposent un paiement en ligne sous peine d’amendes records. Le message est clair : circuler, c’est être tracé.
