“Une trahison amoureuse peut tout à fait s’apparenter à un traumatisme”
Saverio Tomasella est psychanalyste et auteur de Guérir de nos traumatismes: Trouver sa voie thérapeutique (éd. Eyrolles).
Toutes les relations humaines (qu’elles soient amicales, commerciales, professionnelles ou amoureuses) se fondent sur un socle de confiance : nous partons du principe que l’autre est suffisamment fiable pour que nous puissions interagir avec lui / elle. Quand ce socle de fiabilité est ébranlé (c’est-à-dire : quand le “contrat tacite” que l’on pensait acquis est rompu), l’impact est double : cela fait du mal à la relation, et cela nous fait du mal personnellement.
Les trahisons sont d’autant plus douloureuses que l’engagement vis-à-vis de l’autre était profond – par exemple, dans le contexte d’une relation amoureuse. Le lien brisé peut alors être impossible à réparer et les dégâts sur la personne trompée, dévastateurs. On peut parfois parler de “traumatisme” sans exagérer puisque ce terme fait référence à un événement malheureux qui nous dépasse par son intensité.
Par ailleurs, être trompé par une personne que l’on aime profondément peut venir réveiller des blessures d’abandon et/ou de trahison vécues durant l’enfance ou l’adolescence. Pour parvenir à surmonter un tel traumatisme, l’aide d’un thérapeute me semble cruciale. Certaines thérapies ont d’ailleurs fait leurs preuves afin de nous aider à mettre des mots sur ce que l’on ressent et à apaiser notre système nerveux autonome : par exemple, l’EMDR, l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) ou encore le NARM (NeuroAffective Relational Model).
