Pourquoi le chauffage au pot en terre cuite chauffe si peu une serre
Le principe est simple : un pot en terre cuite retourné, surélevé sur des briques, des bougies chauffe-plat en dessous, et le trou de drainage bouché. La terre cuite, matériau à forte masse thermique, monte facilement à 70 ou 80 °C en surface et rayonne une chaleur agréable à proximité. Le problème, c’est la puissance disponible. Une bougie chauffe-plat fournit environ 30 à 40 watts. Avec quatre bougies, on atteint à peine 120 à 160 watts.
Pour donner un ordre d’idée, on estime qu’il faut autour de 75 W par m² pour maintenir 20 °C dans une petite pièce. Une serre de 6 m² demanderait donc près de 450 W, alors que ses parois en plastique ou en verre perdent la chaleur bien plus vite qu’un mur isolé. Il faudrait aligner une dizaine de bougies en continu, et malgré cela, la hausse de température resterait limitée au voisinage immédiat du pot.
Serre de jardin : ce dont vos plantes ont vraiment besoin en hiver
Une serre ne transforme pas votre jardin en salon chauffé. Elle coupe le vent, limite la pluie, gagne quelques degrés le jour, mais peut descendre quasiment comme l’extérieur la nuit. Pour des plantes frileuses en pot, comme un citronnier, le seuil des 5 °C devient critique : il faut alors les protéger avec un voile d’hivernage, pailler le pied et, si possible, les placer contre un mur au sud ou à l’ouest. Un pot en terre cuite sur bougies, qui réchauffe surtout l’air à quelques centimètres, n’empêche pas vraiment le gel au niveau du feuillage.
La priorité reste l’isolation et la protection fine. Doubler les parois avec un film à bulles horticole, vérifier les joints de porte, fermer la serre dès la fin d’après-midi limite les pertes nocturnes. À l’intérieur, on peut créer une serre dans la serre avec un voile d’hivernage tendu au-dessus des rangs sensibles, des cloches ou de petits tunnels. Les pots regroupés, surélevés sur des cales et bien paillés résistent bien mieux qu’isolés au milieu de la serre.
Chauffer une serre sans risque : les bons gestes à la place du pot
Pour gagner quelques degrés sans flamme, des bidons d’eau peints en noir ou de longs tubes d’eau jouent le rôle de radiateurs naturels : ils stockent la chaleur du jour et la restituent la nuit. Un lit chaud ou un gros bac de compost en activité, dont le cœur atteint 50 à 70 °C, réchauffe doucement l’air et surtout le sol. Pour les semis très précoces, un tapis chauffant pour semis est nettement plus efficace et contrôlable qu’un pot en terre cuite. Et lors des nuits de gel intense, un petit chauffage électrique de serre avec thermostat, utilisé ponctuellement, reste plus sûr que plusieurs bougies allumées.

