
L’entreprise critique la taxe soda, perçue comme un «impôt déguisé»
A date, l’entreprise dit ne voir aucun effet boycott sur ses ventes. «Pour l’instant, on ne voit pas d’impact», note François Gay-Bellile. Avant de préciser qu’il est de toute façon «beaucoup trop tôt» pour ça. D’autant qu’un autre facteur pourrait faire fléchir ses ventes et celle de l’ensemble du rayon boissons : le quasi doublement de la taxe soda. Adoptée début février à l’Assemblée nationale, cette mesure qui taxe les boissons fortement sucrées, et dont les effets arrivent en rayons, a un effet majeur sur les prix. Initialement de 17 centimes pour un litre de Coca-Cola, la taxe passe à 35 centimes. «C’est une taxe injuste et disproportionnée», «un impôt déguisé», a fustigé François Gay-Bellile. Selon ses calculs, sa collecte a rapporté 450 millions d’euros aux caisses de l’État l’an dernier et devrait rapporter 1 milliard de recettes dès l’an prochain.
Malgré ces attaques dont il se sent victime, l’embouteilleur poursuit ses investissements, donc. D’ici 2026, 146 millions d’euros auront été injectés pour doper les capacités de production du site de Grigny (Essonne) et améliorer son empreinte carbone (panneaux photovoltaïques…). Alors que l’usine de Clamart, désormais encastrée dans le tissu urbain, est condamnée à fermer d’ici quelques mois, Grigny doit prendre la relève et devenir «le nouveau centre d’excellence en Ile de France et le deuxième site européen de CCEP», prévient Xavier Brelle, directeur des projets industriels pour l’entreprise. Outre la ligne de verre consigné, inaugurée lundi 31 mars et dont les cadences doivent progressivement monter en puissance pour atteindre 60 000 bouteilles produites par heure, trois autres lignes sont en cours de construction. Même si le géant a passé l’ensemble de ses gammes pour les cafés hôtels et restaurants en verre consigné depuis 2022, ses équipes l’assument: le verre ne remplacera jamais le plastique, mais se pose en solution de complément. N’en déplaise aux ONG qui lui font la guerre, qu’on parle d’emballage en verre ou de bouteilles en plastique, pour Coca-Cola, la réduction n’est pas à l’ordre du jour. Pour le géant, la consigne pour réemploi ou recyclage est la clé.
