« Vies paisibles menacées » : festival des cerisiers du mont Fuji annulé pour incivilités

Jusqu’à trois heures d’attente pour la photo virale du mont Fuji

Malgré l’annulation du festival, la ville s’attend toujours à un afflux de visiteurs pendant la saison des cerisiers en fleurs.

Les autorités ont mis en place des mesures de sécurité et d’hygiène, notamment le déploiement d’agents de sécurité et l’installation de toilettes mobiles.

Les touristes seront encouragés à utiliser les transports en commun et à éviter de pénétrer sur les propriétés privées et dans les quartiers résidentiels, ainsi qu’à renoncer aux prises de vue non autorisées.

La plate-forme d’observation du parc Arakurayama Sengen devrait néanmoins être prise d’assaut, avec des temps d’attente pouvant atteindre trois heures.

Le mont Fuji face au surtourisme

Le plus haut sommet du Japon est confronté au surtourisme. La hausse spectaculaire du nombre de visiteurs entraîne des problèmes de pollution et de sécurité.

L’été dernier, une redevance a été instaurée pour les randonneurs montant au mont Fuji par l’un de ses quatre principaux sentiers.

Le gouvernement préfectoral de Yamanashi, responsable des activités de randonnée sur ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, a mis en place un droit d’entrée de 4 000 yens (24,70 euros) en haute saison.

Pour contribuer au nettoyage de la montagne et à la préservation de son environnement, les autorités avaient déjà instauré des frais et fixé un plafond quotidien de 4 000 visiteurs sur le sentier Yoshida, l’itinéraire le plus fréquenté.

Une autre mesure mise en place l’an dernier pour endiguer le surtourisme dans une ville voisine s’est également révélée efficace.

À Fujikawaguchiko, les autorités, excédées par les foules de touristes, ont fait ériger une immense clôture bloquant précisément la vue qui les attirait : le mont Fuji.

Cette barrière de 20 mètres de long et 2,5 mètres de haut, recouverte d’un grillage noir, empêchait les touristes de prendre des selfies avec le célèbre panorama après une série d’incivilités : déchets abandonnés, traversées dangereuses au milieu d’une circulation dense, feux tricolores ignorés et intrusions sur des propriétés privées.

La barrière a été démontée en août par précaution, à l’annonce d’un typhon, mais les autorités ont décidé de ne pas la réinstaller, estimant qu’elle avait déjà permis de réduire efficacement la fréquentation.

Elles ont toutefois prévenu qu’elle pourrait être remontée si les touristes revenaient en trop grand nombre.