L’audition a rapidement pris les airs d’un tribunal populaire. Les 30 députés de la commission, dont la moitié est issue de la NUPES, ont tenté de pousser Vincent Bolloré dans ses retranchements. Mais le chef d’entreprise a su retourner l’argument du pluralisme contre ses accusateurs. En rappelant que ses chaînes emploient des personnalités de tous bords, y compris des figures historiquement marquées à gauche comme Cyril Hanouna, il a mis en exergue ce que beaucoup perçoivent comme une “chasse aux sorcières” idéologique plutôt qu’une quête de vérité médiatique.
Le cas de Louis Boyard est particulièrement emblématique de cette tension. Ancien chroniqueur de TPMP, il se retrouve aujourd’hui dans la position de celui qui veut faire interdire ou sanctionner les fréquences de ceux qui l’ont aidé à accéder à la notoriété. Cette volte-face, bien que courante en politique, a été soulignée par Vincent Bolloré comme une forme d’ingratitude ou, au mieux, d’incohérence tactique. La commission, censée vérifier si le pluralisme est respecté, est apparue à bien des égards comme une plateforme de communication politique pour des députés en quête de visibilité, transformant une procédure sérieuse en un spectacle de réseaux sociaux.

L’impact émotionnel de cette confrontation est immense. Sur les plateformes comme X (anciennement Twitter) et Facebook, les vidéos de l’échange tournent en boucle. D’un côté, les partisans de LFI dénoncent l’arrogance d’un milliardaire qui se croit au-dessus des lois. De l’autre, une large partie de l’opinion publique s’amuse de voir les “donneurs de leçons” pris à leur propre piège. Le fait que Louis Boyard ait choisi de bloquer certains contradicteurs sur les réseaux sociaux après l’échange ne fait qu’alimenter l’idée d’une fragilité derrière les grands discours de liberté d’expression.
