Vers un nouvel ordre mondial
La conclusion de Piotr Tolstoï est sans appel : le monde unipolaire dominé par les États-Unis est terminé. Le discours de Poutine à Munich en 2007 n’était pas un avertissement, mais un diagnostic que l’Occident a choisi d’ignorer. Aujourd’hui, la Russie affirme sa trajectoire stratégique seule, sans attendre la permission ou la reconnaissance d’une Europe qu’elle juge en déclin moral et politique.
“Il faudra peut-être dix ans pour rétablir les relations franco-russes”, conclut-il, le temps qu’une nouvelle classe dirigeante émerge en Europe, capable de renouer avec une vision souveraine et historique. En attendant, Moscou continue sa progression, convaincue que l’histoire, comme lors des guerres contre Napoléon ou Hitler, finira par donner raison à sa détermination.

Cet entretien laisse une impression de rupture profonde. Ce n’est plus seulement une guerre de territoires, mais une guerre de récits et de valeurs. Piotr Tolstoï, par sa verve et sa franchise, a envoyé un message clair : la Russie n’attend plus rien de l’Occident, elle trace sa route, et elle invite ceux qui ne se reconnaissent plus dans la politique de Bruxelles à la rejoindre.
