Pourquoi Macron fait le choix risqué de reconduire Lecornu à Matignon

 

L’Eurois est mort, vive l’Eurois ? Au bout de plusieurs heures de suspense, Emmanuel Macron a finalement reconduit le Premier ministre (et conseiller départemental de l’Eure) Sébastien Lecornu dans ses fonctions , vendredi soir, quatre jours seulement après sa démission sur fond de mésentente avec la droite de Bruno Retailleau. Un scénario inédit, dont le seul précédent historique est le maintien à ses fonctions de Georges Pompidou, en octobre 1962, malgré le vote d’une motion de défiance des députés (une dissolution de l’Assemblée nationale avait suivi), qui a aussitôt suscité l’incrédulité de l’opposition. « Je suis abasourdie », lançait ainsi la secrétaire nationale des écologistes Marine Tondelier, quelques minutes après l’annonce, tandis que les appels à la censure du gouvernement Lecornu II se multipliaient dans l’opposition.

Pourtant, l’hypothèse d’une reconduction du Premier ministre était posée dès mercredi soir dans les rangs de la majorité. Après un exercice jugé réussi au journal télévisé de 20 heures de France 2, où le pensionnaire de Matignon, tout en assurant que sa « mission était terminée » n’avait jamais vraiment fermé la porte à une éventuelle poursuite de ses fonctions, certains de ses proches évoquaient déjà, en privé, le scénario d’un maintien en poste. Beaucoup notaient d’ailleurs qu’après avoir évoqué la nécessité que la prochaine équipe ministérielle soit « déconnectée de toute ambition présidentielle », le Premier ministre démissionnaire avait dit à trois reprises qu’il ne nourrissait aucune ambition élyséenne.