LA POLOGNE ET LA HONGRIE DÉCLARENENT LA GUERRE OUVERTE À BRUXELLES — RUPTURE TOTALE SUR LE PACTE MIGRATOIRE !

Le 14 mai 2024 restera sans doute comme une date charnière dans l’histoire de la construction européenne. Ce jour-là, après près d’une décennie de négociations acharnées et de compromis fragiles, le Conseil de l’Union européenne a finalement approuvé le nouveau “Pacte sur la migration et l’asile”. Si 25 États membres ont apporté leur soutien au texte, deux voix discordantes ont résonné avec une force particulière : celles de la Pologne et de la Hongrie. Ce vote négatif n’est pas qu’une simple péripétie administrative ; il symbolise une rupture idéologique profonde sur la définition même de la souveraineté nationale et de l’identité européenne.

Le mécanisme de la discorde : Solidarité ou contrainte ?

Au cœur du conflit se trouve un mécanisme de “solidarité obligatoire” qui passe mal à Budapest et Varsovie. Le pacte prévoit que chaque nation doit, au choix, relocaliser des demandeurs d’asile sur son sol, verser une contribution financière de 20 000 euros par personne refusée, ou fournir un soutien opérationnel direct. Pour la Commission européenne, il s’agit d’une réponse logique à la pression migratoire constante (environ 300 000 arrivées irrégulières en 2023). Pour Viktor Orban et les dirigeants polonais, c’est une intrusion inacceptable dans leur droit régalien de contrôler qui entre sur leur territoire.

La Hongrie, sous la direction de Viktor Orban depuis 2010, mène une politique de “tolérance zéro”. Depuis 2015, le pays s’est transformé en forteresse, hérissé de clôtures à ses frontières sud. La justice européenne a réagi avec une sévérité inédite : en juin 2024, la Cour de justice de l’UE a condamné Budapest à une amende immédiate de 200 millions d’euros, assortie d’une astreinte d’un million d’euros par jour de retard. En avril 2025, la facture dépassait déjà les 500 millions d’euros, une somme que Bruxelles a commencé à prélever directement sur les fonds destinés à la Hongrie. Orban dénonce un “chantage scandaleux”, affirmant que son pays protège l’espace Schengen à ses propres frais tout en étant puni pour cela.

La Pologne entre deux feux

La situation de la Pologne est plus nuancée, mais tout aussi explosive. Après des années de gouvernance par le parti conservateur Droit et Justice (PiS), l’arrivée au pouvoir du pro-européen Donald Tusk en octobre 2023 laissait présager un apaisement. Si les relations se sont effectivement réchauffées sur les questions judiciaires, Tusk a surpris ses partenaires européens en rejoignant la position hongroise sur la migration.

L’argument de Varsovie est double : d’une part, la Pologne a déjà accueilli plus d’un million de réfugiés ukrainiens depuis l’invasion russe de 2022. D’autre part, elle fait face à une “guerre hybride” menée par la Biélorussie de Loukachenko, qui utilise les flux migratoires comme une arme pour déstabiliser l’UE. Pour le gouvernement polonais, la solidarité a déjà été prouvée sur le terrain et ne saurait être imposée par des quotas décidés à Bruxelles.

Le paysage politique polonais s’est encore complexifié en juin 2025 avec l’élection à la présidence de Karol Nawroki. Cet historien de 42 ans, soutenu par le PiS, l’a emporté avec 50,89 % des voix sur un programme axé sur la souveraineté et la critique acerbe de la “technocratie bruxelloise”. Cette cohabitation entre un Premier ministre libéral et un Président souverainiste crée une impasse institutionnelle majeure, rendant toute réforme législative alignée sur les désirs de l’UE quasiment impossible.