France Furieuse : L’Algérie Refuse l’Accès à son Espace Aérien

L’histoire des relations franco-algériennes est jalonnée de crises, mais peu ont eu l’impact sismique et le caractère symbolique de celle d’octobre 2021. Ce moment restera gravé comme celui où l’Algérie a opposé une fin de fin de recevoir brutale et souveraine à l’ancienne puissance coloniale, transformant une simple querelle diplomatique en un véritable cauchemar logistique et financier pour l’armée française. Retour sur une “gifle” monumentale qui a redéfini les rapports de force entre Alger et Paris.

Tout commence le 30 septembre 2021, dans les salons dorés de l’Élysée. Emmanuel Macron reçoit un groupe de jeunes issus de l’immigration et des descendants de harkis. Ce qui devait être une séance d’apaisement mémoriel tourne au désastre politique. Le président français multiplie les déclarations explosives, rapportées par le journal Le Monde. Il accuse le « système politico-militaire » algérien de vivre sur une « rente mémorielle » et, plus grave encore, il s’interroge : « Est-ce qu’il y avait une nation algérienne avant la colonisation française ? ».

Pour Alger, c’est l’insulte de trop. Remettre en question l’existence millénaire de l’Algérie avant 1830 est perçu comme une forme de négationnisme historique. La réaction ne se fait pas attendre. Dès le 2 octobre, l’Algérie rappelle son ambassadeur à Paris pour consultation, une mesure de gravité extrême dans le langage diplomatique. Mais le coup de grâce intervient le lendemain matin.

Le dimanche 3 octobre 2021, deux avions de transport militaire français s’apprêtent à décoller pour le Mali. Dans le cadre de l’opération Barkhane, ces rotations sont routinières : elles traversent l’espace aérien algérien pour ravitailler les 5 000 soldats déployés au Sahel. Depuis 2013 et l’opération Serval, cet accès était garanti par un accord tacite. Mais ce matin-là, les pilotes reçoivent une réponse glaciale des autorités algériennes : « Autorisation de survol non accordée ».