Prisca Thévenot à Pascal Praud : “Ne m’invitez pas pour me couper la parole toutes les 2 minutes !”

Le paysage médiatique français est habitué aux joutes verbales, mais l’échange qui s’est déroulé récemment entre la députée Prisca Thévenot et l’animateur Pascal Praud sur le plateau de CNews a atteint un sommet de tension. Au cœur de la discorde : le procès des assistants parlementaires du Rassemblement National (RN) et la menace d’inéligibilité qui pèse sur Marine Le Pen. Ce qui devait être un débat d’idées s’est transformé en une véritable confrontation sur la légitimité de la justice, la souveraineté du peuple et la cohérence politique.

Un duel de convictions sous haute tension

Dès les premières minutes, le ton est donné. Pascal Praud, fidèle à son style incisif, interpelle Prisca Thévenot sur les parallèles qu’elle aurait pu faire entre les contestations du RN et l’assaut du Capitole. La réponse de la députée “Ensemble pour la République” ne se fait pas attendre : elle exige le respect de sa parole et refuse qu’on lui prête des intentions qu’elle n’a pas exprimées. “Ne me prêtez pas des paroles que je n’ai pas dites,” lance-t-elle, marquant ainsi son territoire face à un animateur visiblement décidé à la bousculer.

Le débat glisse rapidement sur le fond de l’affaire : le détournement présumé de plus de 4 millions d’euros sur une période de 12 ans via un système “extrêmement sophistiqué”. Pour Prisca Thévenot, l’enjeu n’est pas de voler “une pomme ou une orange”, mais bien de répondre d’actes graves devant la justice. Elle martèle que personne n’a forcé Marine Le Pen à mettre en place un tel système, et que la justice doit suivre son cours de manière indépendante.

L’ombre de l’inéligibilité et le spectre de la crise démocratique

L’un des points de friction les plus vifs concerne la possible peine d’inéligibilité de Marine Le Pen, qui l’empêcherait de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Pour Pascal Praud, une telle décision serait une “erreur pour la vie démocratique”, estimant que le dernier mot doit revenir aux électeurs. Il invoque la souveraineté populaire pour suggérer que la justice ne devrait pas interférer avec le choix des citoyens.

Prisca Thévenot contre-attaque avec un argument de poids : les contradictions internes du Rassemblement National. Elle rappelle les propos de Jordan Bardella qui, l’année dernière, affirmait qu’un candidat ne devrait pas pouvoir se présenter à une élection s’il possède une condamnation à son casier judiciaire. “Que faisons-nous si on prend cette parole de Jordan Bardella ?” interroge-t-elle. Elle souligne l’ironie d’un parti qui prône la “tolérance zéro” et l’inéligibilité à vie pour les autres, mais crie au scandale lorsque ses propres dirigeants sont visés.