L’Assemblée nationale n’est jamais à l’abri des soubresauts. Pourtant, peu de scènes récentes ont égalé l’intensité dramatique et le niveau d’accusation qui ont secoué l’hémicycle ce lundi 27 octobre. Au cœur de la mêlée, le député Jean-Philippe Tanguy, figure montante et pugnace du Rassemblement National (RN), a transformé un débat technique sur le budget 2026 en un véritable réquisitoire politique et personnel. L’enjeu : la fameuse “contribution exceptionnelle” sur les bénéfices records des grandes entreprises, plus communément appelée taxe sur les super-profits. Le résultat : une ambiance électrique, des échanges d’une rare violence verbale, et une mise en cause directe de l’autorité même qui présidait la séance.
Ce n’était plus un simple échange d’amendements, c’était une bataille idéologique totale, un moment de vérité cru où les coulisses du pouvoir semblaient s’inviter bruyamment dans la lumière de l’Hémicycle. La charge de Tanguy, méthodique mais d’une agressivité calculée, visait à démasquer ce qu’il perçoit comme le summum de l’hypocrisie politique : la collusion entre le Parti Socialiste (PS) et les arcanes du pouvoir, une manœuvre présumée visant à sauver les apparences tout en protégeant, in fine, les intérêts des plus nantis.
La Charge Virulente : L’Hypocrisie Socialiste au Scanner
Le débat portait sur une ligne de fracture majeure de la politique française actuelle : la fiscalité des entreprises qui, engrangeant des bénéfices historiques, se retrouvent au centre des revendications de justice sociale. Pour Jean-Philippe Tanguy, cette tentative du Parti Socialiste de se montrer en paladin de la justice fiscale n’était qu’une mise en scène tardive et désespérée. Dès les premières secondes de son intervention, il a frappé fort, accusant directement les socialistes d’hypocrisie. Le reproche est cinglant : vouloir taxer aujourd’hui ce qu’ils ont non seulement toléré, mais même “laissé prospérer hier” lorsqu’ils étaient aux commandes.
Selon le député RN, le PS, par son inaction ou ses choix passés, aurait “totalement abandonné les classes petites populaires”. L’amendement socialiste, aussi ambitieux soit-il, n’était donc à ses yeux qu’une “tentative de se racheter une conscience sociale”, un peu tardivement pour être crédible. Il dénonce une forme de “populisme fiscal”, une stratégie politique qui consiste à instrumentaliser la colère populaire pour masquer un bilan passé jugé désastreux pour les travailleurs et les classes moyennes. Tanguy se positionne, lui, en défenseur d’un “patriotisme économique” qui protégerait les entreprises françaises sans céder aux multinationales, une posture qui colle parfaitement à la stratégie du Rassemblement National de se présenter comme le vrai défenseur du “peuple face à un système qu’il juge hypocrite et déconnecté”.
