“Spiritisme” et Cinquième Dimension : La Panique Procédurale
Cependant, l’escalade verbale a pris une tournure inattendue et bien plus personnelle, transformant le débat budgétaire en un thriller politique digne de la “cinquième dimension”. C’est en abordant la question technique des amendements et des délais de dépôt que l’incident a véritablement explosé.
Le député Tanguy a soulevé une anomalie procédurale, notant que l’amendement socialiste — et la possibilité de déposer des sous-amendements — semblait être apparu comme par magie juste avant que son groupe, le RN, ne puisse déposer le sien. Face à cette coïncidence suspecte, il n’a pas hésité à employer des termes volontairement choquants et imagés pour dénoncer ce qu’il percevait comme une combine organisée. “Un hasard sans doute, il y a une précience sans doute, les socialistes ont une précience de ce qu’ils allaient se passer”, ironise-t-il, avant d’enchaîner sur un ton plus accusateur : “Mais un truc incroyable encore, il se passe des… il se passe du spiritisme dans cette salle. On entend des voix qui viennent des couloirs de Bercy, de Matignon, c’est incroyable. C’est la 5e dimension”.
L’allusion est transparente et extrêmement grave : Tanguy suggère que le PS n’agit pas de manière indépendante, mais en coordination avec le Gouvernement (Bercy pour l’économie, Matignon pour le Premier ministre), les deux instances qui dirigent l’exécutif. Il ne s’agit plus d’un simple désaccord politique, mais d’une dénonciation d’un contournement des règles démocratiques et d’une ingérence de l’Exécutif dans le travail législatif, un “esprit” de la loi bafoué au profit d’arrangements partisans.
L’Autorité Mise en Cause : “Madame la Présidente, vous saviez…”
Le summum de cette séquence dramatique a été atteint lorsque Jean-Philippe Tanguy a choisi de mettre en cause directement la personne qui présidait la séance. Après une réponse indignée d’un collègue socialiste, Monsieur Brun, Tanguy est revenu à la charge avec une accusation qui, dans le protocole parlementaire, est un véritable coup de poignard.
“Je suis sûr, madame la présidente, que vous saviez le problème qui vient se passer au micycle”, lâche-t-il. En impliquant la Présidente, il déplace le scandale d’un simple conflit entre partis à une crise institutionnelle. L’autorité censée garantir la neutralité des débats et le respect des procédures est accusée de complicité dans une manœuvre politicienne. Dans l’esprit des partisans de l’opposition, cette séquence confirme l’idée d’un “système” bien huilé où les grandes décisions sont prises en secret, loin de la transparence requise par la démocratie. La Présidente, dont le rôle est crucial pour la sérénité des débats, se retrouve ainsi “démasquée” et accusée, ne serait-ce que par insinuation, d’avoir fermé les yeux sur une entente secrète.
