MARION MARÉCHAL pulvérise un SANS PAPIERS sur le TRAVAIL CLANDESTIN

Dans le paysage médiatique français, souvent saturé de discours politiques déconnectés des réalités du terrain, certaines confrontations parviennent à dénuder l’âme du débat national. C’est le cas du récent face-à-face entre Ibrahima, un travailleur sans-papiers mobilisé par la CGT, et Marion Maréchal, figure de proue de l’extrême droite. Cet échange, d’une intensité rare, n’a pas seulement opposé deux visions de la société ; il a mis en lumière la schizophrénie française, prise entre l’impératif de la loi et la dépendance économique à une main-d’œuvre invisible et ultra-précaire. Le témoignage d’Ibrahima n’est pas qu’une anecdote, c’est le reflet d’un système où l’exploitation côtoie l’hypocrisie politique, le tout dans l’ombre d’une législation inflexible.

Ibrahima : Le Calvaire d’une Vie au Service de l’Économie Française

Ibrahima, 34 ans, père d’une fille, n’est pas arrivé en France sur un coup de tête. Son récit commence par un « conflit familial » en Guinée, un motif que les lois ne reconnaissent d’ailleurs pas dans le cadre strict d’une demande d’asile. L’asile, rappelons-le, est une protection internationale réservée aux individus qui craignent des persécutions ou des dangers graves en raison de leur race, religion, ou nationalité. Le périple d’Ibrahima est celui de milliers d’autres : un voyage semé d’embûches, passant par le Mali, l’Algérie, et le Maroc, avec le recours inévitable aux passeurs pour atteindre l’Espagne. Il parle d’une « grande tragédie » et des « difficultés » qu’il a fallu endurer, mentionnant même avoir été expulsé plus de trois fois avant de réussir à entrer sur le territoire français. Ce détail à lui seul brosse le tableau de la détermination absolue de ceux qui, au péril de leur vie, cherchent un avenir.

Arrivé en 2018, Ibrahima a passé cinq ans en France dans une routine harassante. Il travaille dans la logistique, précisément dans les fruits et légumes. Son quotidien est un marathon : lever à 3h du matin, pour être sur place une heure en avance, et des journées de travail qui peuvent s’étendre sur 8, 10, 12, voire 13 heures, du lundi au samedi. Il résume sa vie à l’essentiel : « il n’y a que de travail, il n’y a que de travail ».

Ce quotidien de labeur acharné n’a été interrompu que par la grève lancée par la CGT à l’automne 2023. Le 17 octobre 2023, plus de 600 travailleurs sans-papiers ont cessé le travail dans 33 entreprises d’Île-de-France pour dénoncer leur « surexploitation » et réclamer leur régularisation. Ibrahima est l’un d’eux. Il est la preuve vivante, et le symbole, de cette mobilisation. Et il n’hésite pas à adresser un message aux responsables de la droite et de l’extrême droite : « Ceci sans les travailleurs sans papier ici ou sans les immigrations en France, ça [serait] très très difficile ». Son argument est factuel et décapant : le nettoyage du Sénat, de l’Assemblée nationale, l’évidence des poubelles, la restauration – il n’y a personne pour répondre aux appels d’offres sans cette main-d’œuvre. « J’aime la France et je veux rester en France », clame-t-il, son avenir tout entier reposant sur cette terre d’accueil et d’opportunités.