Dans le paysage médiatique français, le rôle et la neutralité des organismes de service public sont devenus un champ de bataille idéologique permanent. Au cœur de cette controverse se trouve la radio France Inter, dont les choix éditoriaux et la composition des plateaux suscitent des critiques acerbes quant à son devoir de pluralisme. Récemment, l’analyse percutante d’une séquence d’échanges a exposé au grand jour ce que beaucoup pressentaient : l’institution, financée par l’argent de tous les contribuables, semble avoir troqué son mandat de neutralité contre une mission plus militante : celle de façonner le récit national selon une vision idéologique préétablie.
L’élément le plus accablant n’est pas venu d’un observateur extérieur, mais de la plus haute instance de l’entreprise elle-même. Devant le Parlement, la directrice de Radio France, Delphine Ernotte, a prononcé une phrase qui restera gravée comme l’aveu le plus franc d’un parti pris institutionnel. Elle a déclaré sans ambages : « on ne représente pas la France telle qu’elle est mais on essaie de représenter la France telle qu’on voudrait qu’elle soit ». Pour une entité qui dépend directement de la redevance et des impôts pour exister, cette déclaration est un scandale démocratique. Elle signifie que les choix éditoriaux sont guidés par un idéal subjectif et non par la simple, mais essentielle, représentation du réel et de la pluralité des opinions françaises.
L’Addition Salée de l’Idéologie
La dimension la plus choquante de cette dérive réside dans son financement. France Inter n’est pas une chaîne privée. Elle a bénéficié en 2022 d’une dotation publique de plus de 570 millions d’euros. Cet argent est prélevé des impôts de tous les Français, qu’ils votent à droite, à gauche, ou s’abstiennent. L’analyse pointe une dissonance fondamentale : des citoyens sont contraints de financer un média qui non seulement assume de ne pas les représenter, mais qui, en adoptant une ligne idéologique stricte, peut être perçu comme les discriminant ou les diaboliser. La question se pose alors : le contribuable doit-il obligatoirement payer pour un récit qu’il rejette ?
Le déséquilibre idéologique ne se limite pas à des intentions, il se traduit dans les chiffres. Une étude sur le temps de parole des personnalités politiques sur France Info (une autre station de Radio France) en septembre a mis en lumière l’ampleur du biais. Pour arriver à la première personnalité de droite dans le classement du temps de parole, il fallait sauter vingt-huit personnes ! Ce décompte stupéfiant révélait une surreprésentation écrasante de la majorité présidentielle, du Parti socialiste, du Parti communiste, d’Europe Écologie Les Verts, et de diverses personnalités de gauche. Cette arithmétique de l’exclusion est une preuve matérielle de la non-neutralité.
