Après des mois de procédure, la Commission européenne a autorisé la mise sur le marché du Leqembi, un traitement pour certains patients touchés par la maladie d’Alzheimer. Il s’agit du premier traitement de ce type autorisé en Europe.
“Un tournant dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer”. C’est par ces mots que la Fondation Vaincre Alzheimer salue l’autorisation de mise sur le marché (AMM) par la Commission européenne, le 15 avril 2025, du lecanemab. Connu sous le nom Leqembi, “il s’agit de la première immunothérapie anti-amyloïde que l’Union européenne autorise”, ajoute la Fondation Vaincre Alzheimer.
Après 18 mois de traitement, ce dernier permettrait de réduire de 27 % le déclin cognitif. “Cette amélioration concerne des fonctions essentielles comme la mémoire, l’orientation ou encore l’autonomie”, explique la Fondation Vaincre Alzheimer. Mais le Leqembi ne s’adresse pas à tous les patients. On fait le point.
Nouveau traitement contre la maladie d’Alzheimer : quelles sont les conditions pour en bénéficier ?
Le Leqembi est “destiné à traiter les troubles cognitifs légers aux premiers stades de la maladie d’Alzheimer, sous des conditions strictes”, explique dans un communiqué la Commission européenne. En effet, “il est destiné aux personnes ne possédant qu’une seule copie du gène ApoE4, voire aucune, et présentant des plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau”, continue la Commission européenne. En effet, comme l’expliquent les autorités, ces patients ont moins de risque d’un effet secondaire du traitement appelé anomalies d’imagerie liées à l’amyloïde (ARIA), qui peut provoquer un gonflement et des saignements dans le cerveau.
Dans sa recommandation pour une mise sur le marché de l’Agence européenne des médicaments (EMA), le 14 novembre dernier, les spécialistes expliquaient son mode de fonctionnement. Le but de ce traitement, à administrer par goutte à goutte dans les veines une fois toutes les deux semaines, est de retarder le déclin cognitif. Il cible les bêta-amyloïde, une substance qui “forme des plaques dans le cerveau des patients atteints de la maladie d’Alzheimer”, soulignaient les autorités. Aussi, en “se fixant à la bêta-amyloïde, Leqembi réduit les plaques amyloïdes dans le cerveau”, détaillait l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Auprès de franceinfo, Philippe Amouyel, professeur de Santé publique au CHU de Lille et directeur de la Fondation Alzheimer se réjouit : “cela faisait 25 ans qu’il n’y avait pas eu une telle avancée dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Nous sommes entrés dans une phase prometteuse de la recherche médicale”. Il compare d’ailleurs cette phase à celle de l’arrivée des premiers antirétroviraux dans la lutte contre le VIH.
